De retour au Rwanda après une absence de plusieurs années, Milton Nkosi, correspondant de la BBC en Afrique du Sud, raconte les changements technologiques étonnants qu’a subis le pays.

La capitale rwandaise Kigali était aussi active qu’une ruche la semaine du 11 au 13 mai 2016 alors que la ville accueillait le Forum Economique Mondial sur l’Afrique.

Le pays aux mille collines veut secouer l’image négative du génocide de 1994, durant lequel près de 800 000 personnes ont été tuées.

Il brise ainsi les vieux stéréotypes qui entourent son image comme celle des nations africaines.

Les projets de technologie et d’innovation qui voient le jour un peu partout dans la ville génèrent un nouveau récit positif, mené par une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs débordant de bonnes idées.

Des bus high-tech

Dans la banlieue de Gikondo à Kigali, notre correspondant a pris le bus 205 pour le centre-ville, en payant son billet avec sa carte à puce prépayée.

Avec ce nouveau système de paiement sans monnaie, les voyageurs le long de la route montent rapidement et facilement à bord de l’autobus.

Il n’y a pas eu de retards ou de problèmes de monnaie, le genre de choses souvent rencontrées dans les transports en commun dans de nombreuses villes africaines.

Le bus moderne est équipé d’une télévision à l’avant, qui propose des clips musicaux pour ceux qui n’écrivent pas de textos ou qui ne passent pas d’appels téléphoniques sur leurs mobiles.

Laboratoire dernier cri

Alors que Milton Nkosi pénètre dans Positivo GBH à Gasabo, le quartier de Kigali, il découvre un plancher d’usine blanc et propre, et un espace de laboratoire qui mesure 3000 m2. De jeunes Rwandais travaillent sur les assemblages d’ordinateurs en construction.

 

Une société argentine a mis en place cette usine de fabrication d'ordinateursImage copyright
Image captionUne société argentine a mis en place cette usine de fabrication d’ordinateurs

Notre correspondent demande à Juan Ignacio Ponelli, un Argentin impliqué dans la décision d’établir ici le premier bureau africain de la société: « Pourquoi le Rwanda? »

« Pourquoi pas? » répond celui-ci avec un sourire confiant.

Les propriétaires d'entreprises étrangères sont attirés par pas la main d'oeuvre peu chère et qualifiée du marché du travail rwandaisImage copyright
Image captionLes propriétaires d’entreprises étrangères sont attirés par pas la main d’oeuvre peu chère et qualifiée du marché du travail rwandais

« Nous avons parlé avec différents pays africains, mais je dois dire que le Rwanda se transforme rapidement. Ils luttent fortement contre la corruption et le pays a connu une croissance d’environ 8% par an au cours des dernières années » ajoute-t-il.

Incubateur technologique

De retour au centre de Kigali, Milton Nkosi visite FabLab, une plaque tournante de l’innovation dans le parc des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) soutenu par le gouvernement, qui devrait recevoir $ 150m (105m £) d’investissements.

Il y rencontre des jeunes entrepreneurs en technologie travaillant sur la 3D et les imprimantes laser.

Parmi eux, un visage familier est présent dans la pièce. Tony Blair, l’ancien Premier ministre britannique et le patron de l’Initiative sur la gouvernance en Afrique.

« Ce qu’ils font ici est non seulement un incubateur d’entreprises technologiques mais permet aussi de voir comment les derniers développements technologiques peuvent contribuer à révolutionner le reste de l’économie », explique-t-il.

Image copyright
Image captionLes imprimantes 3D comptent parmi les technologies émergentes du parc des technologies

Shikama Dioscore, le fondateur et PDG de Go Ltd, une société de développement d’applications mobiles, partage l’optimisme de l’ancien leader au Royaume-Uni: « Nous sommes ravis de l’autonomisation des jeunes, en particulier dans la technologie, » dit-il.

Le frein Internet

Mais tout ne se fait pas en douceur. L’un des principaux défis est la faible pénétration d’Internet dans le pays.

Selon les chiffres les plus récents, seuls 13% des Rwandais ont accès à Internet. Mais le gouvernement a publié des plans ambitieux pour augmenter ce chiffre à 95% d’ici la fin 2016, avec le déploiement prévu d’un réseau mobile 4G.

Anne Jellema, directrice générale de la Fondation Web, travaille à étendre le « droit fondamental » de la connectivité à toutes les personnes à travers le monde.

« Tout le monde mérite d’être connecté avec une connexion Internet rapide, abordable, sûre et transparente, dit-elle. Nulle part ce besoin n’est plus urgent qu’ici en Afrique, où quatre personnes sur cinq ne sont aujourd’hui pas connectées. »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.