75 % des entreprises marocaines estiment que plus de 20 % de leur chiffre d’affaires proviendra du contient et 19 % de leurs homologues françaises disent qu’il sera supérieur à 50 %. C’est ce que rapporte un baromètre du développement international du Maroc en Afrique réalisé par le cabinet de conseil néerlandais Bearingpoint. Les détails.

Alors qu’il y a cinq ans, pour 86 % des entreprises marocaines, l’Afrique représentait moins de 5 %, voire aucune part de leur chiffre d’affaires, aujourd’hui le continent africain représente plus de 5 % des revenus pour près de la moitié d’entre elles. Mais elles sont cependant 75 % à estimer que 20 % et plus de leur chiffre d’affaires proviendra du contient. Parallèlement, seuls 8 % des opérateurs français estimaient la part de l’Afrique comme nulle dans leur chiffre d’affaires global il y a cinq ans. 54 % d’entre elles d’attendent que leur chiffre d’affaires africain sera situé entre 20 et 50 %, et 19 % disent qu’il sera supérieur à 50 %. La différence traduit logiquement une présence française de plus longue date sur le continent africain. C’est ce qu’indique le rapport réalisé par le cabinet de conseil néerlandais Bearingpoint, en partenariat avec l’Association marocaine des exportateurs, rendu public aujourd’hui. Le document établi le fait que l’investissement en Afrique se confirme de jour en jour comme « Le » pas à franchir pour les entreprises en recherche de relais de croissance.

pays d'implantation

Secteurs cibles : distribution, TIC, construction, chimie,…

Mais comment se traduit cette présence ? Pour 60 % des marocains opèrent dans le continent au travers de la distribution (majoritairement indirecte). Les exportations et la distribution à travers un réseau de partenaires constituent pour les entreprises marocaines, plus novices en termes de développement international, un premier pas vers l’implantation en Afrique. Au deuxième rang, ce sont les services TIC aux entreprises. Une révélation qui reflète le dynamisme des entreprises du secteur. Par contre, il n’y a qu’une part très faible des répondants marocains qui a développé des unités de production industrielle en Afrique subsaharienne. Cette part est néanmoins amenée à croître puisque de nombreux projets industriels ont vu le jour récemment ou ont été annoncés plusieurs secteurs. Il s’agit notamment de la construction, la chimie, l’industrie pharmaceutique et l’ameublement.

secteurs

Contrairement aux idées reçues, l’exploitation de ressources naturelles ne représente qu’une part minime des opérations en Afrique. Et cela est valable pour les opérateurs marocains comme français. Cela prouve qu’en Afrique de l’ouest, la première destination de ces implantations, la diversification économique va bon train.

Mais qu’est ce qui justifie le choix du pays de destination ?

La décision de s’implanter en Afrique reste une pragmatique décision « business ». Pour les entreprises marocaines, la stabilité politique et économique du pays constitue le premier critère par 56 % des répondants. Du côté français, il y a que  23 % des entreprises à accorder une grande importance à ce critère. Il arrive, en effet, troisième au derrière la taille du marché (pouvoir d’achat et nombre de client). Les experts qui ont rédigé le rapport explique cela par « une présence de plus longue date en Afrique pour les entreprises françaises ». Celles-ci ont donc potentiellement été amenées à traverser des périodes d’instabilité dans leurs pays de présence et appréhenderaient donc différemment les risques liés à la stabilité politique et économique d’un pays.

Quant à la perception des risques du développement en Afrique, il s’agit avant tout d’une question de point de vue et d’expérience. Les risques sécuritaires, politiques ou de corruption inquiètent naturellement les entreprises marocaines et françaises, « mais ils sont à mettre en perspective avec la réalité du terrain », indique le rapport. Du côté des difficultés rencontrées, les entreprises françaises restent particulièrement sensibles aux difficultés liées au manque d’infrastructures. Les entreprises marocaines quant à elles font face à des difficultés d’accès au financement, mises en avant par près d’un tiers des répondants. Cela reflète surtout le décalage en termes de développement des infrastructures technologiques, plus important entre la France et l’Afrique qu’entre le Maroc et le reste de l’Afrique.

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