Ils sont plus de 4.500 passionnés en France prêts à investir leurs deniers dans des start-up innovantes. Mais seuls les dossiers les plus prometteurs trouvent grâce à leurs yeux.

Leur objectif ? Gagner de l’argent, bien sûr ! Mais pas seulement : « La majorité des business angels ont eux-mêmes une expérience de création d’entreprise. Revivre cette aventure avec le nouveau venu qu’ils envisagent de soutenir, c’est dans leur ADN », explique Philippe Gluntz, président de Business Angels Europe. Mais cette part d’affect ne doit pas laisser supposer que l’on peut les convaincre en misant sur le seul enthousiasme. Les « anges » restent pragmatiques : à peine plus de 5% des dossiers présentés trouvent preneur.

DES INVESTISSEURS extrêmement sollicités

Les montants moyens investis par ces « anges » atteignent 120.000 euros, mais certains projets peuvent dépasser 700.000 euros. C’est ce qui s’est produit pour Louis Kerveillant et ses associés, qui ont fondé en 2015 les Piaules (une auberge de jeunesse nouvelle génération à Paris). Ils ont réussi à convaincre deux business angels, issus de leurs relations professionnelles, d’investir 1 million d’euros dans leur société, très gourmande en capitaux.

« Les business angels sont de plus en sollicités pour des deuxièmes et des troisièmes tours de table, qui sont en général espacés de deux ans », constate Philippe Gluntz. C’est pourquoi ils ont du mal à absorber la demande. Résultat, ils sont devenus ultrasélectifs. Pour les séduire, il faut avoir une idée novatrice certes, mais aussi afficher un fort potentiel de développement. « Les business angels ne financent que des projets en phase d’amorçage, c’est-à-dire lors de l’étape la plus risquée de la vie d’une entreprise. Il vaut donc mieux leur présenter des perspectives de croissance à deux chiffres », poursuit Philippe Gluntz.

UNE SÉLECTION POINTUE qui peut prendre jusqu’à quatre mois

Quelque 10.000 dossiers transitent chaque année par le site de France Angels, qui fait office de guichet unique. Ils sont ensuite aiguillés vers le réseau adéquat (il en existe déjà 82) en fonction de différents critères. La proximité géographique, notamment, est d’importance : les premiers temps, le business angel se déplace jusqu’à deux fois par mois dans la start-up qu’il a pris sous son aile.

L’activité de l’entreprise entre également en ligne de compte. Certains réseaux sont spécialisés dans des secteurs particuliers, comme IT Angels (édition de logiciels) ou Angels Santé (santé, biotechnologies…). D’autres regroupent d’anciens élèves : Ensae Business Angels & Entrepreneurs, Essec Business Angels ou Edhec Business Angels, par exemple. Si leur dossier est retenu, les entrepreneurs passent devant un comité de sélection. « A ce stade, c’est dans 60% des cas la personnalité des dirigeants qui fait la différence », assure Philippe Gluntz. Le délai de réponse ? Comptez entre trois et quatre mois.

Valérie Froger

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