Drones, applications, émissions de télé-réalité, mise en avant de l’entrepreneuriat agricole : l’Afrique est actuellement engagée dans la bataille pour rendre l’agriculture attrayante pour les jeunes.

Bien qu’employant 65 % de la population et contribuant à 36 % du PIB, force est de constater que le secteur ne parvient plus à « attirer » la jeunesse. L’une des principales explications reste le phénomène migratoire comme l’a expliqué José Graziano da Silva, le directeur général de la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) : « Les phénomènes de migration, vers les zones urbaines et vers l’étranger, risquent de priver les pays africains de la main-d’œuvre jeune nécessaire afin de moderniser leur secteur agricole, étape essentielle en vue de stimuler la croissance et la prospérité. »

Le directeur général de la FAO a indiqué que la croissance économique de nombreux pays africains avait ralenti ces dernières années et que les effets des phénomènes climatiques extrêmes s’intensifiaient, tandis que les conflits continuaient de provoquer des perturbations sociales dans certaines régions.

Le défi de la compétitivité

En réalité, la crise migratoire n’est que le révélateur d’un problème plus délicat : le manque de compétitivité de l’agriculture africaine. Un sérieux handicap quand il s’agit de promouvoir l’emploi dans ce secteur. L’Union africaine et la Banque africaine de développement – qui a créé un fonds dédié aux jeunes entrepreneurs agricoles doté de 250 000 dollars – en ont fait leur cheval de bataille. Ces institutions appellent régulièrement les États africains à regarder du côté des modèles chinois, brésilien ou indien, car dans ces pays, gouvernement et secteur privé ne font qu’un. La FAO souscrit à cette même approche. « Il est indispensable que les pays africains réalisent le potentiel des zones rurales pour l’agro-industrialisation et pour créer davantage d’opportunités d’emplois pour les jeunes et les encourager à rester dans les petits villages des zones rurales », a-t-il précisé faisant référence à un rapport récent de l’organisation mondiale. Ce défi est d’autant plus complexe car, selon les prévisions, dans les décennies à venir, l’Afrique subsaharienne en particulier sera confrontée à une grande augmentation de sa population de jeunes ruraux. Parmi ces jeunes, plusieurs profils se détachent. Il y a ceux dont les parents sont déjà exploitants agricoles, d’autres qui quittent le monde rural, avec des allers-retours, pour gagner un complément de revenu pour la famille. En effet de nombreuses familles poussent leurs enfants à faire autre chose que l’agriculture qui reste malgré tout largement traditionnelle, de subsistance et soumises aux conditions météorologiques. Les niveaux d’éducation et de formation des agriculteurs sont aussi majoritairement faibles.

Concentrer les efforts sur les zones rurales

Pour préparer l’agro-industrialisation, il est nécessaire d’urbaniser les zones rurales, d’après la FAO. Ce qui implique de fournir aux petits villages des services de base tels que l’éducation, la santé, l’électricité et l’accès à Internet, qui, selon Graziano da Silva, est « l’une des principales attractions pour les jeunes de nos jours ». « Les petits villages devraient être le lieu où les agriculteurs achètent des semences, envoient leurs enfants à l’école et font appel à des soins médicaux et à d’autres services. En Afrique, il est très important de revitaliser les petits villages par le biais de petites agro-industries et de coopératives d’agriculteurs familiaux », a-t-il déclaré.

Pour soutenir cette vision, la FAO conseille davantage d’investissements dans les infrastructures pour connecter les producteurs, les transformateurs et les autres segments des chaînes de valeurs alimentaires. Cela comprend les routes, les transports, la capacité de stockage, l’énergie et la gestion de l’eau. Ces mesures sont essentielles pour créer des possibilités d’emploi non seulement dans la production agricole, mais surtout dans diverses activités non agricoles telles que la fourniture de services en général, et le tourisme rural en particulier, a souligné le directeur général de la FAO. Graziano da Silva a ajouté que le secteur privé est un partenaire essentiel, en particulier pour la mise en place d’infrastructures nécessaires à la croissance économique et au développement. Il a souligné que la FAO avait établi plus de 150 partenariats stratégiques avec des acteurs non étatiques, dont 50 % avec des entreprises du secteur privé.

Dans le cadre de ses relations avec le secteur privé, la FAO a mobilisé des connaissances, une expertise technique, un soutien politique, des dons en nature et d’autres ressources, principalement pour l’appui des pays et des communautés les plus pauvres.

A propos de l'auteur

CEO AfrikaTech

Comme beaucoup de personnes j’ai connu l’Afrique à travers des stéréotypes : l’Afrique est pauvre, il y a la guerre, famine… Je suis devenu entrepreneur pour briser ces clichés et participer à la construction du continent. J’ai lancé plusieurs entreprises dont Kareea (Formation et développement web), Tutorys (Plate-forme de e-learning), AfrikanFunding (Plate-forme de crowdfunding). Après un échec sur ma startup Tutorys, à cause d’une mauvaise exécution Business, un manque de réseau, pas de mentor, je suis parti 6 mois en immersion dans l’écosystème Tech au Sénégal. J’ai rencontré de nombreux entrepreneurs passionnés, talentueux et déterminés. A mon retour sur Paris je décide de raconter leur histoire en créant le média AfrikaTech. L'objectif est de soutenir les entrepreneurs qui se battent quotidiennement en Afrique en leur offrant la visibilité, les connaissances, le réseautage et les capitaux nécessaires pour réussir. L'Afrique de demain se construit aujourd'hui ensemble. Rejoignez-nous ! LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/boubacardiallo

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