Plus de 80% des entreprises en Afrique considèrent que la transformation digitale est l’enjeu majeur de la fonction RH en 2018. Entre 52 et 51% estiment que la digitalisation va impacter l’engagement des collaborateurs et le développement des nouveaux métiers RH. C’est le principal constat à tirer des résultats de la quatrième édition du Baromètre RH 2018 dévoilés jeudi à Casablanca, en marge du «Africa HR Trends 2018».

La digitalisation est une tendance mondiale, il en va de même pour le continent africain. À l’instar des autres métiers, la transformation digitale devient un enjeu majeur de la fonction de gestion des ressources humaines. C’est un processus qui concerne directement le climat de travail et la productivité en entreprise. C’est, en effet, la conclusion tirée du baromètre RH Afrique 2018 axé sur les tendances du métier des ressources humaines dans le continent.
Initié par Sopra HR Software, ce Baromètre a été établi sur un périmètre géographique élargi à l’Afrique anglophone incluant l’Égypte, l’Algérie, la Côte d’Ivoire, le Maroc, le Sénégal et la Tunisie.

«Face à l’évolution exponentielle des nouveaux usages et modes de travail digitaux, beaucoup d’entreprises rencontrent des difficultés à suivre ces tendances, notamment lorsqu’il s’agit de se doter d’un nouveau Système d’information des ressources humaines (SIRH) capable d’accompagner cette transformation et de faire face aux nouvelles exigences qu’elle entraîne», indique Raouf Mhenni, directeur des opérations internationales à Sopra HR Software. Le baromètre indique par ailleurs que les nouveaux usages liés à la digitalisation (smartphone, réseaux sociaux…) et les nouvelles méthodes de travail (télétravail, management collaboratif) sont en tête de liste des tendances qui vont impacter la fonction RH à très court terme.

«Notre étude démontre qu’une majorité des entreprises interrogées a procédé à des changements structurants, portant notamment sur la refonte de l’organisation du travail, la modernisation des outils de travail et le changement de la stratégie d’entreprise», souligne M. Mhenni.

Le baromètre RH démontre ainsi que la transformation digitale est perçue comme une opportunité pour l’employé et pour l’entreprise. En effet, 87% des entreprises interrogées considèrent la digitalisation comme une source d’opportunités. La tendance est encore plus marquée quand il s’agit de l’impact direct de la transition digitale sur la carrière des personnes interrogées. «91% des personnes interrogées estiment que la transition digitale est une opportunité pour leur carrière», révèle l’étude.

Il ressort aussi des résultats du baromètre que la fonction RH utilise les réseaux sociaux pour le recrutement (77%), la communication (69%) et la promotion de l’entreprise (50%). «Ces tendances fortes ne sont cependant pas nouvelles. Elles étaient déjà nettement marquées dans le baromètre de 2016», nous apprend le baromètre.

Concernant l’utilisation d’applications mobiles par la fonction RH (smartphones, tablettes, autres objets connectés), l’étude révèle que l’utilisation de ce type d’outils digitaux n’est pas d’actualité pour 74% des entreprises interrogées, tandis que 39% d’entre elles ne rejettent pas l’idée d’y avoir recours. Le cabinet Sopra HR Software explique ceci par le fait que «la fonction RH n’a pas encore atteint ce niveau de maturité technologique, même si l’on observe une légère progression dans la mesure où dans notre édition précédente du baromètre, ce taux atteignait 37%».
Or, si cette maturité n’est pas encore acquise, elle devrait rapidement progresser selon le cabinet, sous l’effet de l’impact reconnu du digital sur la vie quotidienne de l’entreprise. Preuve en est, un grand nombre d’entreprises interrogées (plus de 40%) estime que l’impact du digital est très fort que ce soit sur leur propre fonction, la manière de travailler ou la communication au sein de l’entreprise.

Mais alors, si les entreprises sont conscientes de l’impact du digital sur leur environnement de travail, pourquoi n’ont-elles pas encore atteint la maturité digitale nécessaire à une bonne transition. «L’une des raisons de l’immaturité digitale des entreprises interrogées tient au flou artistique qui opère autour de la stratégie digitale de celles-ci. En effet, seuls 38% d’entre elles reconnaissent avoir mis en œuvre une stratégie digitale claire et l’avoir communiquée en interne», lit-on dans le baromètre.

Le reste des entreprises interrogées tâtonnent encore. Ainsi, 19% d’entre elles ont une stratégie digitale, mais l’expliquent mal, 22% en parlent, mais n’agissent pas réellement, et 14% n’ont pas de stratégie du tout.
Pire encore, 36% considèrent que les RH de l’entreprise accompagnent assez mal ou très mal les collaborateurs dans la transformation digitale de leurs métiers et de l’entreprise, sachant que 95% se déclarent à l’aise avec les nouvelles pratiques liées au digital.

S’agissant des tendances digitales pour la fonction RH, «une majorité des personnes interrogées a conscience de l’impact à venir du digital sur la mutation de l’environnement de travail», indique l’étude. Dans le détail, 60% pensent que ces tendances seront liées aux nouveaux usages et modes de travail : smartphone, réseaux sociaux, télétravail, management collaboratif…

Entre 52 et 51% estiment que la digitalisation va impacter l’engagement des collaborateurs et le développement des nouveaux métiers RH.

À la question «Quelles seraient, selon vous, les pratiques les plus adaptées pour répondre aux nouvelles tendances RH ?», 72% des interrogés citent un accompagnement et une formation à la culture digitale, 58% optent pour la mise en place de solutions internes permettant de favoriser le travail collaboratif, tandis que 51% veulent la mise en place de solutions d’analyse décisionnelle et de reporting s’appuyant sur le Big Data RH et 40% désirent l’élaboration de politiques de télétravail.

Les autres tendances révélées par le baromètre RH Afrique 2018

L’édition 2018 du baromètre RH Afrique détaille quatre axes principaux. Ainsi, en plus de la transformation digitale et son impact sur l’entreprise, l’étude met en avant l’évaluation 360 ° de la politique RH de l’entreprise, les évolutions et enjeux de la fonction RH et les nouvelles tendances du SIRH.

«Par rapport à l’édition précédente de notre baromètre, les préoccupations de la fonction RH restent toujours confirmées avec, en priorité, la gestion des compétences, l’attraction et la rétention des talents et également le développement de l’engagement des salariés, qui avait émergé comme une nouvelle tendance en 2016», précise le cabinet Sopra HR Software.

Le baromètre a ainsi procédé à la comparaison des principales préoccupations RH dans les différents pays africains cibles. Les deux éléments qui ressortent le plus sont l’amélioration de la gestion des compétences et la rétention des talents. Quelque 96% des entreprises interrogées en Tunisie placent l’amélioration des compétences en tête de leurs priorités, contre 80% au Sénégal, 67% au Maroc, 69% en Côte d’Ivoire, 60% en Algérie et 48% en Égypte. Tandis que 71% accordent une grande importance à la rétention des talents en Tunisie, contre 65% au Sénégal, 45% au Maroc, 75% en Côte d’Ivoire, 49% en Algérie et 57% en Égypte.

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