(TIC Mag) – De passage au Cameroun pour le lancement officiel du premier FabLab Solidaire d’Orange en Afrique subsaharienne, la secrétaire générale de la Fondation Orange, Brigitte Audy, explique les raisons du choix du Cameroun et présente quelques objectifs de ce projet.

TIC Mag : Pourquoi le Cameroun a-t-il été choisi pour la mise sur pied du tout premier FabLab d’Orange en Afrique subsaharienne ?

Brigitte Audy : C’est vrai que la Fondation Orange est très implantée en Afrique de l’Ouest. Il se trouve que depuis 2009, la Fondation Orange Cameroun est active. Nous avons toujours accompagné la Fondation Orange Cameroun quand la Fondation nous a sollicité sur un quelconque projet. Quand nous avons démarré le projet des FabLab Solidaires, nous avons lancé un appel à projets et le Cameroun, à travers Mme Elisabeth (Ehabe, SG de la Fondation Orange Cameroun, ndlr) avec qui nous avons travaillé a déposé un projet.

Le projet était bien monté et bien accompagné, car on veille à la qualité et au sérieux du partenaire choisi. Et l’Agence universitaire de la francophonie est un partenaire sérieux. Ce sont les garanties que nous prenons. Un comité de sélection qui réunit les personnels d’Orange et de la Fondation d’Orange statue sur les dossiers à retenir. C’est ainsi que le dossier du Cameroun a été retenu.

Et nous sommes très contents, parce que le Cameroun devient une vitrine et un laboratoire numérique des projets de la Fondation Orange. Nous avons ici, le FabLab Solidaire, le projet des écoles numériques, les maisons digitales et les villages digitaux. Nous finançons également d’autres projets comme par exemple la prise en charge des femmes souffrantes de fistules obstétricales à l’hôpital de Bertoua.

TIC Mag : Quel bilan faites-vous des retombées de cette initiative des FabLab solidaires dans les pays où vous les implémentez déjà ? Par exemple des entreprises ont-elles déjà bénéficié des innovations ou produits issus de ces FabLab solidaires ?

B.A : Nous avons lancé le programme des Fablab Solidaires en 2014 et 2015. Nous sommes allés très vite. Nous sommes déjà à une soixantaine de FabLab Solidaires. Je suis impatiente comme vous de voir les retombées. C’est la raison pour laquelle nous développons ce parcours de formation au Cameroun. Suivre les jeunes, les former et finalement mesurer leurs capacités d’accéder à un emploi. C’est un peu cela. Aujourd’hui, nous avons quelques succès.

En France par exemple, une jeune femme et un jeune garçon ont réussi à trouver un emploi dans des entreprises après leur passage au FabLab. Le jeune de Toulouse qui a décroché un job de développeur dans une entreprise avait d’ailleurs été recalé à l’école 42 et repêché par le FabLab.

D’autres jeunes développent des applications et robots qui sont en phase de prototypage et en train d’être testés. Ils pourraient intéresser des entreprises. En réalité, c’est encore un peu tôt pour faire un bilan. On sait qu’aujourd’hui, à peu près 8 000 jeunes sont déjà passés dans les FabLab. Passer dans un FabLab pour apprendre à utiliser une imprimante 3D par exemple c’est bon. Maintenant, qu’est-ce qu’on fait de cet apprentissage ? C’est une autre question. On espère que dans quelques temps on pourrait vous dire que le bilan est positif. C’est pour cela qu’on travaille.

TIC Mag : La Fondation rémunère-t-elle certaines équipes du groupe Orange qui parfois en Afrique se retrouvent dans les deux entités et doivent parfois réaliser des actions à la fois pour le Groupe Orange et pour la Fondation ?

B.A : Nous sommes la Fondation Orange et nous travaillons sur le numérique. Je ne peux pas faire travailler le Groupe Orange et les financer avec les fonds de la Fondation. Il y a une étanchéité et une séparation extrêmement rigoureuse entre ces deux univers. Nous agissons gratuitement en faveur des personnes en difficulté ou des personnes exclues de la société. C’est notre mission.

Propos recueillis par TIC Mag

A propos de l'auteur

CEO AfrikaTech

Comme beaucoup de personnes j’ai connu l’Afrique à travers des stéréotypes : l’Afrique est pauvre, il y a la guerre, famine… Je suis devenu entrepreneur pour briser ces clichés et participer à la construction du continent. J’ai lancé plusieurs entreprises dont Kareea (Formation et développement web), Tutorys (Plate-forme de e-learning), AfrikanFunding (Plate-forme de crowdfunding). Après un échec sur ma startup Tutorys, à cause d’une mauvaise exécution Business, un manque de réseau, pas de mentor, je suis parti 6 mois en immersion dans l’écosystème Tech au Sénégal. J’ai rencontré de nombreux entrepreneurs passionnés, talentueux et déterminés. A mon retour sur Paris je décide de raconter leur histoire en créant le média AfrikaTech. L'objectif est de soutenir les entrepreneurs qui se battent quotidiennement en Afrique en leur offrant la visibilité, les connaissances, le réseautage et les capitaux nécessaires pour réussir. L'Afrique de demain se construit aujourd'hui ensemble. Rejoignez-nous ! LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/boubacardiallo

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