La diaspora africaine en Amérique du Sud représente une proportion importante de la totalité des habitants du continent. Malgré les difficultés à établir des statistiques démographiques raciales et ethniques sur le continent, les estimations varient entre 120 et 150 millions d’Afro-descendants. Le processus d’intégration de la diaspora africaine dans les sociétés latino-américaines se caractérise par une ambiguïté latente.  D’une part, à l’époque colonialiste, le statut oscillait entre êtres humains et celui de « marchandise » et d’autre part, de nos jours, entre intégrés et marginaux et dont les possibilités de mobilité sociale et politique sont très réduites.

La participation de la diaspora africaine à la vie politique en Amérique du Sud

 

La diaspora africaine fait partie des populations qui se sont engagées dans les luttes politiques entre les partis et les factions qui surviennent à l’intérieur des républiques latino-américaines, et ce, depuis le 19ème siècle. L’adhésion des populations noires à un parti politique s’explique par le rôle joué par ce même parti lors de l’abolition de l’esclavage.

 

Il s’agit du cas des afro-descendants en Colombie avec le parti libéral.  Cependant l’adhésion de la population noire avec une force politique relève souvent de politiques de prosélytisme, de clientélisme, ou de contextes sociopolitiques locaux.

 

Il arrive cependant que la participation de la diaspora africaine repose sur des revendications spécifiques en tant que Noirs (Brésil, Colombie, Costa-Rica, Venezuela, Honduras et Panama).

L’action politique : vecteur d’intégration ?

 

Des études réalisées en Équateur, en Colombie et au Brésil prouvent que la participation politique de la diaspora africaine constitue un processus d’adaptation et de recherche de reconnaissance de la part des membres de la diaspora auprès des sociétés blanches et métisses.

 

Dans la majorité des cas, le militantisme politique des populations noires a été victime du paradoxe qui distingue la participation des Noirs au sein des sociétés latino-américaines à savoir une difficulté à s’imposer d’un point de vue hiérarchique malgré une participation active.

Peu à peu, le discours racial noir prend de l’importance en Amérique du Sud. Par exemple, au Brésil, le Mouvement Noir Unifié est créé ce qui engendre une augmentation significative d’organisations afro-brésiliennes politico culturelles.

 

En Colombie et en Équateur des groupes issus de la diaspora africaine et axés sur la lutte contre le racisme et en faveur de la revendication de leur rôle dans la construction des sociétés nationales font leur apparition. Ils dénoncent également les conditions dans lesquelles les populations noires évoluent : problèmes d’accès à l’éducation,  à des emplois correctement rémunérés, etc.

 

Une situation économique précaire pour la diaspora africaine

Face à la précarité de la diaspora africaine au Brésil, le sénateur Cristovam Buarque a mis en place en 1995 le programme « Bolsa Famila ». Cette bourse est accordée aux personnes dont les revenus mensuels sont inférieurs à 51 euros par mois (170 reais).

 

Cette initiative a permis de sortir 28 millions de Brésiliens de la misère. Elle concerne quasi exclusivement les populations d’origine africaine vivant dans les favelas. En échange de la bourse, la famille se doit de scolariser ses enfants pour leur permettre, peut-être, de poursuivre des études plus tard.

 

Actuellement, le Brésil compte encore 16 millions de personnes, dans la grande majorité est d’origine africaine, qui vivent dans une pauvreté extrême, dont 14 % de femmes travaillant comme domestiques.

 

Dans le contexte actuel, la situation de la diaspora africaine en Amérique du Sud est toujours complexe. La grande majorité de la population étant mise à l’écart, elle parvient difficilement à s’imposer. Malgré des efforts réalisés, le niveau social et éducatif de la diaspora africaine est toujours bien en-deçà du seuil de pauvreté.

 

A propos de l'auteur

CEO AfrikaTech

Comme beaucoup de personnes j’ai connu l’Afrique à travers des stéréotypes : l’Afrique est pauvre, il y a la guerre, famine… Je suis devenu entrepreneur pour briser ces clichés et participer à la construction du continent. J’ai lancé plusieurs entreprises dont Kareea (Formation et développement web), Tutorys (Plate-forme de e-learning), AfrikanFunding (Plate-forme de crowdfunding). Après un échec sur ma startup Tutorys, à cause d’une mauvaise exécution Business, un manque de réseau, pas de mentor, je suis parti 6 mois en immersion dans l’écosystème Tech au Sénégal. J’ai rencontré de nombreux entrepreneurs passionnés, talentueux et déterminés. A mon retour sur Paris je décide de raconter leur histoire en créant le média AfrikaTech. L'objectif est de soutenir les entrepreneurs qui se battent quotidiennement en Afrique en leur offrant la visibilité, les connaissances, le réseautage et les capitaux nécessaires pour réussir. L'Afrique de demain se construit aujourd'hui ensemble. Rejoignez-nous ! LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/boubacardiallo

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