Contrairement aux idées reçues, la diaspora africaine en Asie ne concerne pas uniquement des migrants ayant fait le choix de s’installer depuis quelques années en Asie. Sur ce continent, il faut distinguer deux types de diaspora africaine : celle historique et celle récente.

La diaspora africaine en Inde

 

Descendants d’esclaves et de mercenaires en provenance du continent africain au 13ème siècle, la communauté « Sidi » regroupe 40 000 personnes en Inde. Celle-ci vit de manière dispersée dans des régions reculées occidentales et méridionales du pays. Les Sidis ont su préserver leurs traditions musicales et chorégraphiques. Il s’agit, désormais, pour eux d’un moyen permettant de subvenir à leurs besoins.

 

Quelques-uns d’entre eux luttent dans l’espoir de regrouper la communauté Sidi pour lui permettre de sortir des conditions précaires dans lesquelles elle vit.

 

Des instruments tels que la Malunga ou le Murgumam, présent dans les lieux saints musulmans soufis, ont traversé les siècles. Il s’agit de termes en swahili dont des traces sont encore perceptibles dans la musique jouée par les Sidi.

 

Rumanaben Bilal, l’une des personnes phares de la communauté sidi a retranscrit plus de 125 hymnes traditionnels transmis par sa mère et sa grand-mère. La musique est également synonyme de gagne-pain pour les Sidis pauvres.

 

Malgré tout, certaines personnes telles que Mohammed  Saboo Siddique souhaite lancer une organisation pan-asiatique pour la diaspora africaine d’Inde, du Pakistan et du Sri Lanka. L’objectif principal visant à faciliter l’accès à l’éducation des populations sidis.

 

L’Inde est devenue ces derniers temps un pays attractif pour la diaspora africaine en quête de bien-être économique. Depuis quelques années, de nombreux Africains privilégient l’Inde comme destination pour des motifs économiques, commerciaux ou médicaux.

L’ouverture de commerces par la diaspora africaine connaît une croissance importante. À la Fédération Indienne de la Chambre de Commerce et d’Industrie (FICCI), Mme Sheila Sudhakaran, conseillère à la Division Afrique, confirme que la pratique du commerce en Inde est en nette augmentation. Il s’agit principalement de produits africains, la demande pour ce type de produits étant de plus en plus forte.

La diaspora africaine en Chine

Après une migration africaine vers la Chine de la part de membres de la diaspora africaine à la recherche d’opportunités commerciales, la donne migratoire a changé, la Chine est confrontée à une immigration africaine pour des raisons économiques, flux migratoire auquel le pays n’est pas préparé.

 

Les premières migrations d’Africains vers la Chine concernaient principalement des étudiants et stagiaires destinés à être formés dans les universités et centres d’apprentissage chinois.

La Chine n’a pas toujours fait partie des stratégies migratoires des candidats africains à l’exil. En Chine, la migration africaine a commencé timidement dans les années 1990, pour ensuite marquer un tournant à l’issue du Sommet de Pékin de 2006 consacré à la coopération sino-africaine.

 

La migration africaine a décuplé depuis quelques années. D’après des statistiques policières, privées et gouvernementales, il y aurait environ 250 000 Africains en Chine, dont la majeure partie en situation clandestine répartis entre Shanghai, Beijing, Hong-Kong, Macao mais surtout Guangzhou (Canton). La capitale de la province de Guangdong, dans le Sud-Est de la Chine, abrite environ 50 % de cette diaspora africaine.

 

Cette diaspora africaine vient du Congo, du Mali, du Sénégal, de Guinée, du Cameroun, de Côte d’Ivoire, de Tanzanie, de l’Angola, du Burkina Faso, de la Zambie, du Kenya ou du Ghana. Les principaux ressortissants en Chine sont néanmoins les Nigérians qui représentent 60 % de la diaspora africaine, selon une estimation transmise par l’Ambassade du Nigeria située à Beijing.

 

La diaspora africaine comprend trois grandes catégories : des salariés, principalement des enseignants anglophones, des commerçants, qui font la navette entre leurs pays d’origine et la Chine, et enfin les étudiants et les stagiaires.

L’immigration africaine en Chine se distingue par son hétérogénéité. La coexistence entre les différentes nationalités et ethnies africaines est très difficile. En effet, un grand nombre de membres de la diaspora africaine transposent en Chine les conflits intra-nationaux ou régionaux à caractère politique ou religieux se déroulant sur le continent africain.

 

Malgré tout, Nigérians, Ivoiriens, Camerounais, Sud-Africains, Congolais et même Marocains, s’efforcent de s’imposer sur cet immense marché chinois. Guangzhou, également appelée «Chocolate City» ou «Little Africa» constitue la plaque tournante des produits manufacturés issus du delta de la Rivière des Perles.

Bien souvent, la diaspora africaine en Chine représente un repère pour les commerçants du continent qui s’approvisionnent sur le marché chinois. Un grand nombre d’Africains s’est tourné vers l’intermédiation commerciale. Leur rôle ? Assurer l’accompagnement des entreprises africaines qui viennent acheter de la marchandise.

 

En effet, créer et assurer la pérennité d’une entreprise en Chine s’avère être une mission complexe. Les procédures sont très longues et contraignantes. De plus, les tarifs des loyers ont grimpé en flèche ces quatre dernières années. Un local d’une superficie de 100 mètres carrés coûte désormais entre 1 500 et 2 200 dollars contre 730 dollars en 2013. Il en est de même pour le tarif du personnel. En 2016, une assistante était payée 800 dollars, en 2017, sa rémunération s’élève à 1 000 dollars. Ce qui représente un investissement financier important pour les entrepreneurs.

 

Néanmoins, certains membres de la diaspora africaine s’en sortent très bien. Martha Makuena, d’origine congolaise a créé en 2012 une chaine de salons de coiffure africains : Paulma Afro Hair Care Co. Ldt. Sa clientèle est aussi bien africaine que chinoise. Aujourd’hui Martha Makuena possèdent deux salons : un à Beijing et un à Shanghai.

Quant à Simon El Alaoui Zidani, d’origine marocaine et installé en Chine depuis plus de 24 ans, il crée dans un premier temps une usine destinée à la fabrication de fauteuils de bureau et de tableaux. En 2000, il prend la décision d’ouvrir une nouvelle entreprise spécialisée dans la production de lampes économiques innovantes. Ce projet est un véritable succès, au point tel que Simon El Alaoui Zidani exporte en Malaisie et dans certains pays d’Europe. En 2012, il lance sa propre marque Meclon, société multi activités.

 

Qu’il s’agisse d’un contexte de migration historique ou de migration récente, la diaspora africaine doit dans un premier temps se regrouper en une communauté pour parvenir à devenir un acteur majeur du développement en Asie.

A propos de l'auteur

CEO AfrikaTech

Comme beaucoup de personnes j’ai connu l’Afrique à travers des stéréotypes : l’Afrique est pauvre, il y a la guerre, famine… Je suis devenu entrepreneur pour briser ces clichés et participer à la construction du continent. J’ai lancé plusieurs entreprises dont Kareea (Formation et développement web), Tutorys (Plate-forme de e-learning), AfrikanFunding (Plate-forme de crowdfunding). Après un échec sur ma startup Tutorys, à cause d’une mauvaise exécution Business, un manque de réseau, pas de mentor, je suis parti 6 mois en immersion dans l’écosystème Tech au Sénégal. J’ai rencontré de nombreux entrepreneurs passionnés, talentueux et déterminés. A mon retour sur Paris je décide de raconter leur histoire en créant le média AfrikaTech. L'objectif est de soutenir les entrepreneurs qui se battent quotidiennement en Afrique en leur offrant la visibilité, les connaissances, le réseautage et les capitaux nécessaires pour réussir. L'Afrique de demain se construit aujourd'hui ensemble. Rejoignez-nous ! LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/boubacardiallo

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