En dépit de l’augmentation exceptionnelle en faveur du comment financer l’industrialisation de l’Afrique et du développement au cours de ces dernières années, le continent africain peine à mobiliser les ressources nécessaires à sa croissance et à sa transformation. Face à l’insuffisance de l’aide extérieure au développement et aux faibles prix de ses produits et services, l’Afrique est contrainte de reconnaître qu’une industrialisation durable ne pouvait dépendre que de ses propres ressources financières. D’où l’importance d’étudier les différentes opportunités qui s’offrent à l’Afrique pour financer son industrialisation.

Afrique : quels sont ses besoins en termes financier ?

Selon la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), la construction et la modernisation des infrastructures sur le continent africain sont susceptibles d’entraîner une hausse de 2 % du produit intérieur brut (PIB). Néanmoins, ces éléments permettraient de poser les bases d’une industrialisation rapide, et donc de renforcer les capacités de l’Afrique à générer davantage de ressources internes. 

La CEA estime que les besoins actuels du continent africain en termes d’infrastructures s’élèvent à 93 milliards de dollars par an. Avec 45 milliards mobilisés, le déficit annuel tourne autour de 50 milliards. Comme le souligne le Président ivoirien Alassane Ouattara, le plus grand challenge auquel l’Afrique est confrontée consiste à garantir que les différentes sources de financement en faveur de l’innovation et de l’industrialisation appuient sa transformation.

Une des solutions envisagée serait d’accélérer le développement des marchés financiers dans l’optique d’activer la transformation des économies africaines. D’où l’importance de développer des produits financiers innovants.

En dépit des progrès réalisés dans le domaine de la mobilisation des ressources financières et techniques en faveur de l’industrialisation depuis le Consensus de Monterrey, en mars 2002, l’Afrique sait que beaucoup reste à faire. 

Quelles possibilités de financement s’offrent à l’Afrique ?

L’Afrique a parfaitement compris que les sources de financement traditionnelles, en faveur de l’industrialisation, n’étaient pas viables et ne pouvaient être considérées uniquement comme des solutions de premier recours.

Le président de l’Association des chambres de commerce et d’industrie de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), Oswell Binha, estime que l’Afrique est en mesure de créer une économie de 2 000 milliards de dollars en simplifiant les règles régissant le commerce et l’investissement inter-africain. Or il est communément reconnu que le continent africain représente le marché présentant le potentiel d’investissement le plus élevé du monde.

En effet, l’Afrique à la possibilité de s’appuyer sur ses fonds souverains, ses fonds de pension, ses réserves de change et ses transferts de fonds. Le continent abrite également des ressources naturelles conséquentes. Les pays avec des industries extractives peuvent profiter de cette importante source de revenus. 

Pour ce faire, il est indispensable que les gouvernements nationaux fassent preuve d’une volonté politique infaillible et mettent en place des mécanismes de gouvernance adaptés. Les revenus tirés de l’extraction peuvent impulser l’industrialisation du continent tout en lui permettant d’investir dans la compétitivité, la diversification et l’utilisation efficace et durable des ressources.

Pour la CEA, le potentiel du continent africain est énorme. L’Afrique est tout à fait capable de soutenir, développer et mettre en œuvre des instruments financiers intérieurs viables en faveur de l’industrialisation.

S’appuyer sur l’épargne intérieure

Des mécanismes de financement « carbone » peuvent également être mis en place pour développer l’industrialisation en Afrique. Plusieurs pays envisagent d’instaurer une taxe sur le carbone pour mobiliser des ressources financières supplémentaires tout en luttant contre les changements climatiques.

Malgré tout, l’épargne intérieure de l’Afrique demeure faible en comparaison de celle d’autres pays en développement. Ce gap s’explique essentiellement par le nombre important de personnes ne disposant pas de comptes bancaires.

Néanmoins, des progrès sont possibles dès l’instant où les ressources issues du secteur informel sont mises à profit et que des incitations à utiliser les services bancaires officiels sont développées. Le ratio épargne / PIB de l’Afrique se situait aux alentours de 22 % entre 2005 et 2010, contre 46 % pour l’Asie orientale et le Pacifique, et 30 % pour les pays à revenu intermédiaire.

Or la CEA évalue la valeur du marché des capitaux privés africains aux alentours de 30 milliards de dollars.

Le rôle du secteur privé

Le secteur privé, notamment dans l’industrie agro-alimentaire en Afrique, a élargi son rôle au fil des ans, depuis sa position de préleveur jusqu’à fournir plus de services à valeur ajoutée grâce à l’intégration en aval d’intrants agricoles, l’intégration en amont d’entreprises de transformation agricole et de supermarchés, la fourniture de services d’encadrement, et l’emploi de systèmes de financement et de commerce innovants pour améliorer la productivité. 

L’ère de l’agro-industrialisation menée par le secteur public, en particulier dans le secteur de l’agro-transformation, a cédé la place à l’agro-industrialisation conduite par le secteur privé à travers la privatisation, le dessaisissement et la création de nouveaux établissements. Parmi ces investissements, il est possible de citer un nouvel établissement au capital de 50 millions de dollars pour le traitement du grain construit par Olam au Ghana, une nouvelle usine de transformation.

Des mécanismes de financement intérieur innovants tels que le Fonds50 pour l’Afrique, doivent compléter les autres ressources externes et les nouvelles sources de financement telles que celles en provenance des pays issus du groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) pour mettre en œuvre l’ambitieux programme l’industrialisation de l’Afrique. 

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