L’Afrique, avec ses 700 millions d’abonnés mobiles se positionne désormais comme le second plus gros marché mobile mondial. Qu’il s’agisse de smartphones ou de téléphones basiques, la création d’applications suit la même courbe de croissance : services par SMS pour obtenir les derniers résultats de matchs de foot, solutions de santé ou de paiement mobile, etc. Il n’en demeure pas moins vrai que si les initiatives sont nombreuses, il est difficile de trouver des fonds. Quant à la commercialisation de ces nouveaux modules, cette phase est encore moins évidente. Comme se positionne l’Afrique dans le secteur « Applications et services en ligne » et quelles sont les perspectives qui s’offrent au continent africain ?

Le développement du marché des applications implique que celles-ci soient ciblées

Fondée en 2009, l’entreprise ForgetMeNotAfrica s’est spécialisée dans la création de concours portant sur le développement d’applications au Kenya et au Zimbabwe. Ces concours visent à permettre aux candidats vainqueurs de commercialiser une application qui répond aux besoins locaux tout en utilisant les nouvelles technologies. Cette initiative est destinée à favoriser l’innovation, l’entrepreneuriat, la création d’emplois et le lancement d’applications locales rentables.

Répondre à des besoins locaux

Pour que les utilisateurs s’intéressent réellement aux nouvelles applications, il est essentiel que celles-ci puissent répondre à un besoin quotidien. Chacun des concours organisés par ForgetMeNotAfrica permet aux développeurs de mettre au point des applications destinés aux téléphones de base (SMS, USSD) ou aux smartphones, en s’appuyant sur l’écosystème de ForgetMeNotAfrica et  tout en bénéficiant de l’accès à des tutoriels, des plates-formes de tests, etc. Le gagnant obtient les capitaux nécessaires au développement de l’application ou du service, une distribution auprès des clients de l’opérateur partenaire ainsi qu’une participation aux bénéfices générés.

Social business

Les applications à développer doivent s’inscrire  dans la lignée du social business. En effet, il s’agit de mettre en place des solutions répondant à des problématiques locales et susceptibles de générer des revenus. Même les populations, vivant dans des zones reculées, utilisent les SMS pour rester en contact avec leur entourage. Des applications gratuites utilisant ce canal permettent d’appréhender un meilleur accès aux soins, à l’éducation, à l’information, à la mobilité.

Quels sont les facteurs pouvant favoriser le développement d’applications et de services en ligne ?

Au Kenya, en Afrique du Sud, au Nigéria ou au Ghana, un nombre important de startups sont apparues. Elles évoluent aussi bien dans le secteur de l’agriculture, que le commerce, l’éducation ou les énergies renouvelables.

 

Certaines applications telle que la plateforme d’alerte Ushahidi sont déjà adoptées par des millions d’individus. Certains groupes Internet connaissent des développements fulgurants, tel Africa Internet Group (AIG) qui gère, entre autres, les sites Jumia, Carmudi, Kaymu.

Des endroits favorisant l’innovation, des incubateurs ou des espaces de co-working font leurs apparitions telles que Hub Accra au Ghana.

 

Des « hackatons », financées par de différents profils d’acteurs (fondations, multinationales, institutions…) se multiplient pour attirer les nouveaux talents et faire naître des idées d’applications et de services en ligne.

 

De plus des communautés de « makers » initient la création de « fablab », des laboratoires de fabrication à l’instar de la communauté Woelab au Togo.

L’importance de développer des applications et services en ligne

Qu’il s’agisse de l’agriculture, le commerce, l’informatique, l’éducation ou la santé, de nombreuses initiatives fleurissent à travers le continent africain

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La plateforme de communication et d’apprentissage numérique Obami, lancée par Barbara Mallinson originaire de l’Afrique met en relation des enseignants, des élèves et des parents avec pour objectif d’améliorer la situation éducative du pays. Cette plateforme fonctionne comme un réseau social.

 

En termes d’agriculture, le Sénégal se positionne comme précurseur avec la création de M-Louma, bourse agricole en ligne.

 

Le développement d’applications en ligne permet aux créateurs de répondre à des besoins actuels tout en anticipant les futurs besoins des générations suivantes : accès aux soins de santé,   accès à l’éducation etc.

 

Ces applications et services en ligne constituent donc des instruments qui permettront à l’Afrique de se développer.

Les applications et services en ligne comme instruments de croissance inclusive

Il est indéniable que le lancement d’applications et de services en ligne contribuent à dynamiser le développement du continent africain. De nombreux entrepreneurs africains des solutions locales aux problèmes locaux. Néanmoins, certaines initiatives visent une portée internationale : il s’agit alors de « Glocalisation » qui consiste à développer des solutions locales pouvant être utilisées en dehors du marché national (et tout particulièrement par des pays partageant des difficultés identiques).

 

Cette réalité concerne notamment les applications de transferts d’argent dans des sociétés dans lesquelles peu d’individus disposent de compte bancaire classique, mais possèdent plusieurs téléphones portables. Aujourd’hui la réflexion doit porter sur la manière dont les applications et les services en ligne peuvent contribuer à la croissance inclusive et durable du continent africain.

 

Les gouvernements, les acteurs économiques doivent mettre en œuvre des stratégies de promotion des services et applications en ligne via l’émergence de l’économie numérique.
Le caractère multidimensionnel des innovations technologiques les transforme en vecteur incontournable de croissance, de productivité et de compétitivité dans plusieurs secteurs tels que l’agriculture, la finance, la consommation de biens et services etc. Pour y parvenir, des ressources doivent être mobilisées.

A propos de l'auteur

CEO AfrikaTech

Comme beaucoup de personnes j’ai connu l’Afrique à travers des stéréotypes : l’Afrique est pauvre, il y a la guerre, famine… Je suis devenu entrepreneur pour briser ces clichés et participer à la construction du continent. J’ai lancé plusieurs entreprises dont Kareea (Formation et développement web), Tutorys (Plate-forme de e-learning), AfrikanFunding (Plate-forme de crowdfunding). Après un échec sur ma startup Tutorys, à cause d’une mauvaise exécution Business, un manque de réseau, pas de mentor, je suis parti 6 mois en immersion dans l’écosystème Tech au Sénégal. J’ai rencontré de nombreux entrepreneurs passionnés, talentueux et déterminés. A mon retour sur Paris je décide de raconter leur histoire en créant le média AfrikaTech. L'objectif est de soutenir les entrepreneurs qui se battent quotidiennement en Afrique en leur offrant la visibilité, les connaissances, le réseautage et les capitaux nécessaires pour réussir. L'Afrique de demain se construit aujourd'hui ensemble. Rejoignez-nous ! LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/boubacardiallo

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