La première chose qui nous vient à l’esprit lorsque l’on parle de Rwanda est sans aucun doute le génocide rwandais. 26 ans plus tard, rien n’est oublié. En effet, les rwandais s’appuient sur leur passé pour construire l’avenir. Et on peut dire que cela marche ! La discipline dont fait preuve son président Paul Kagame fait partie intégrante des ingrédients de ce qu’on appelle aujourd’hui le « miracle rwandais ».

Les orphelins du génocide …

Les orphelins ne sont pas oubliés ni laissés pour compte. Ils bénéficient en effet du FARG (Fonds d’Aide aux Rescapés du Génocide). Ce fonds financé par l’Etat rwandais, prend à sa charge ces enfants jusqu’à l’âge adulte. Ceci inclut leur scolarité, de même que les frais de subsistance. Ce n’est certes pas une fortune mais il permet à plus d’un d’obtenir au moins une Licence.

Relance de l’économie

Après le génocide, l’économie rwandaise n’était pas la plus luxuriante. Le café et le thé semblaient être les seuls débouchés, mais ne pouvaient pas la maintenir à flot. S’ajoutaient à cela une industrie quasi inexistante et les minerais rares et coûteux à extraire. Paul Kagame mise donc sur sa population. Le développement du pays étant axé sur l’éducation et la santé. Il se fait accompagner par les institutions internationales à l’instar de la Banque Mondiale (40 % du budget du pays était financé par l’aide internationale jusqu’en 2012). Les investissements publics ont aussi permis à la reconstruction d’infrastructures et la mise en œuvre de grands chantiers.

Le taux de croissance annuel du Rwanda augmenté de 7,5 % entre les années 2000 et 2017. Tous les secteurs de l’économie sont en branle : l’agriculture fait de plus en plus place au secteur tertiaire, les Technologies de l’Information se positionnent, la téléphonie (production prochaine du premier téléphone intelligent sur le continent), les services financiers… De plus, les rwandais bénéficient d’une assurance maladie ; ce qui induit probablement la hausse de l’espérance de vie d’un an chaque année. Le système éducatif est l’un des plus efficaces du continent africain. 90 %  des rwandais ont non seulement accès à l’alimentation, mais aussi à la santé et l’éducation.

Le Rwanda une entreprise ?

La gestion du Rwanda est comparable à celle d’une entreprise. Paul Kagame s’inspire ainsi des dirigeants des plus grandes entreprises. Ce qui lui vaut l’admiration de bon nombre d’entre eux à l’instar de Bill Gates, Howard G. Buffett, Howard Schultz, ou encore l’économiste américain Michael Porter. Ce dernier dans la Harvard Business Review déclare : « Le Rwanda est unique par le fait que le gouvernement fait réellement avancer les choses. Dans la plupart des pays, les choses ne se réalisent pas. Les routes ne sont pas construites à temps. Les écoles ne s’établissent pas. Les enseignants ne sont pas formés. La formation professionnelle ne fonctionne pas. Et le Rwanda, en partie par manque de ressources naturelles et en partie par un bon leadership, a pu réellement mettre les choses en œuvre et les exécuter. »

Son ambition : le Rwanda …

Très exigeant avec les autres mais aussi avec lui-même, Paul Kagame a un caractère de militaire. Il mène une vie presque monacale : quatre à cinq heures de sommeil, repas sommaires, aucune goutte d’alcool. Toute sa concentration va vers ses actions en tant que dirigeant du Rwanda. Afin d’inciter son peuple à la pratique du sport, ce dernier pratique du jogging dans les parcs de Kigali les deuxième et quatrième dimanches du mois. Contrairement à la plupart des présidents africains, Paul Kagame se passe très bien des petits plaisirs monarchiques comme l’interruption du trafic (pendant des heures) durant le passage de son cortège qui soit dit en passant n’est aucunement kilométrique. L’on note de même l’absence de drapeau sur  son itinéraire ou encore de tapis rouge.

Toutefois, ses prises de décisions peuvent être très brusques. L’exemple le plus palpable est le changement de langue du français à l’anglais, à la rentrée scolaire 2010. Décision certes prise pour une bonne raison : développement régional du pays se trouvant dans un environnement majoritairement anglophone. Facilitant ainsi son intégration à la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) ainsi qu’au Commonwealth. Cette décision ayant lésé une partie de la population plus prompte à parler français qu’anglais, une réintégration du français dans l’éducation est prévue.

Paul Kagame est considéré comme l’assurance-vie des rwandais. En effet, le peuple milite d’une manière assez particulière en 2017 pour sa réélection :

  •         Menace du suicide d’une paysanne
  •         Exil d’un homme d’affaires
  •         Menace des militaires de déserter …

Ce désir n’est aucunement feint ! Cet élan est encouragé par le bilan économique et social positif. Nombreux sont ceux qui pensent que son départ sera synonyme d’une autre saison de machettes.

Dans le Rwanda de Paul Kagame, l’ethnicité a disparu laissant place à un peuple uni de rwandais. Ce Rwanda se refuse d’être petit : la médiocrité n’y est pas la bienvenue. Paul Kagame de par ses différentes actions a su redresser son pays et la transformation est palpable. Il s’entoure non seulement des meilleurs mais sait aussi donner sa chance à la jeunesse de même qu’à la gente féminine. Les changements ne sont certes pas aussi rapides que chez les asiatiques mais son désir d’évolution est plus que palpable, et probablement mu par un questionnement perpétuel : comment instaurer un développement durable dans l’ADN de chaque rwandais ?

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