Méthode existant depuis le 14ème siècle, l’organisation scientifique du travail (OST) fut théorisée à la fin du 19ème siècle. Avec le temps, les principes initiaux de l’organisation scientifique du travail ont évolué. Parmi les différentes personnalités ayant contribué au développement de l’OST, Frederick Winslow Taylor, associé au taylorisme, et Henry Ford, à l’origine du fordisme, se sont distingués aux États-Unis.

Quels sont les principes de l’organisation scientifique du travail ?

L’OST a pour objectif de diviser le travail en de nombreuses tâches, chaque employé devant exécuter au quotidien une seule et unique tâche. Qu’il s’agisse d’ouvriers ou d’employés, ces derniers ne sont plus tenus de penser ou de réfléchir. Bien au contraire, leur seule mission étant d’effectuer des tâches répétitives tout au long de la journée.

De plus, ils se doivent de respecter un certain rythme de productivité pour permettre à l’entreprise dans laquelle ils évoluent de dégager des bénéfices. En effet, chaque tâche confiée aux ouvriers et aux employés doit être réalisée dans un délai imparti par la direction de l’entreprise. Celui-ci a été, au préalable, calculé au plus juste. L’objectif de cette pratique ? Éliminer toute perte de temps et parvenir à une rentabilité maximale.

La réflexion et la conception sont désormais réservées aux chefs d’entreprise. Les ateliers deviennent des lieux dans lesquels la pensée n’a plus sa place, seule la production importe. Cette nouvelle forme d’organisation du travail reposant sur des raisonnements scientifiques.

L’organisation scientifique du travail : historique

L’arsenal de Venise, spécialisé dans la construction navale, met en place, dès le 14ème siècle, une organisation basée sur le travail en chaîne associée à l’apparition d’équipes d’ouvriers spécialisés dans la production de navires spécifiques.

Quant à Frédéric Japy, industriel du 18ème siècle, évoluant dans le secteur de l’horlogerie, il impose, au sein de son entreprise, l’utilisation de la machine-outil, système de production mécanisé. En procédant ainsi, Frédéric Japy introduit la notion de production en série. De plus, puisque les ouvriers travaillent désormais avec des machines, les chefs d’entreprise ne sont plus dans l’obligation de recruter des ouvriers qualifiés pour l’exécution de telle ou telle tâche.

Éli Whitney, mécanicien et industriel américain, à l’origine de la création de différentes machines, est l’une des premières personnes à avoir compris que la tendance, au 19ème siècle, concernerait le développement à outrance de la production en série. 

Frederick Winslow Taylor : à l’origine de l’expression « organisation scientifique du travail »

Selon Taylor, le mode de fonctionnement des entreprises, au 19ème siècle, ne permet pas à ces dernières de dégager suffisamment de bénéfices. En effet, le modèle d’organisation interne à cette époque, ne contribuait pas à optimiser la productivité.

Taylor a proposé d’apporter des axes d’amélioration couvrant 4 thématiques : 

  • Découvrir les gestes offrant la meilleure efficacité
  • Diviser les étapes successives d’un travail
  • Mettre en place des process métier
  •  Optimiser l’utilisation des ressources humaines en fonction des moyens

Pour mettre en place cette nouvelle organisation du travail, Frederick Winslow Taylor étudie, analyse et chronomètre les tâches effectuées par les ouvriers de l’aciérie Midvale Steel Company. Cette étude permet de mettre en exergue différents points à améliorer : réduction des temps morts entre deux tâches, élimination des temps de pause officieux, etc.

Sur cette base, Taylor établit une nouvelle forme d’organisation du travail : celle-ci permet d’augmenter de manière significative la productivité. Cette nouvelle organisation s’appuie sur les fondements suivants : 

  • Mise en place d’un processus de formation des employés devant être initié par la direction de l’entreprise.
  • Coopération entre la direction de l’entreprise et les travailleurs dans l’optique de contrôler que les tâches sont effectuées en conformité avec les process métier formalisés.
  • Remplacement des anciennes méthodes de travail.
  • Nouvelle répartition des tâches : les employés sont en charge de la production et la direction assure l’organisation et de la définition des tâches

Vers un renouveau de l’organisation scientifique du travail ?

Face au changement des comportements et des habitudes de consommation, le taylorisme est aujourd’hui une méthode qui ne peut plus s’appliquer au sein des entreprises. L’organisation scientifique du travail ne permet pas de répondre aux exigences de qualité ayant cours aujourd’hui.

Durant le 20ème siècle, le toyotisme apparaît. Initié par Taiichi Ōno, le principe du « juste-à-temps » (JAT) repose sur l’introduction de l’harmonisation de la productivité au sein de l’entreprise. Imposer des cadences effrénées alors que certains postes ne sont pas en mesure d’absorber une éventuelle surcharge de travail est contre-productif.

L’objectif de Taiichi Ōno ? Amélioration de la réactivité de l’entreprise face à la demande et réduction des coûts.

Ces dernières années, de nouvelles formes d’organisation du travail font leur apparition pour répondre aux nouvelles problématiques auxquelles les entreprises sont confrontées. Néanmoins, certains secteurs d’activité s’appuient toujours sur le taylorisme. Pour parvenir à un développement durable, l’Afrique se doit de définir son propre modèle d’organisation scientifique du travail, et ce, dans l’optique de prendre en compte les caractéristiques qui lui sont propres. 

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