La population africaine est en pleine croissance, avec une prédominance de la tranche jeune (plus de 60% âgée de 0 à 25 ans. Elle se chiffrera à 2 Milliards d’habitants à l’horizon 2050, soit 1/5e de la population mondiale. La population africaine est active, à la recherche de l’accomplissement, en quête de modernité et manifeste de nouvelles habitudes de consommation.

L’émergence de la classe moyenne

Ses aspirations donnent naissance à un nouveau mode de vie, et on voit émerger une classe qui se positionne entre la classe riche et la classe pauvre. On parle  de la classe moyenne, une classe qui change les codes, s’impose et influence le monde. Ceux-ci attirent l’attention des politiques qui s’investissent de plus en plus.  

 

En 2010 La classe moyenne africaine en Afrique comptait 150 millions d’individus, un chiffre qui devrait bondir à 210 millions d’ici à 2020  et 490 millions en 2040 (BAD-2018). A l’horizon 2025, L’Afrique aura la main d’œuvre la plus jeune et la plus nombreuse au monde. Un potentiel économique qui  fait d’elle une attraction pour les investisseurs, un vivier capable de répondre à l’appel du développement et au challenge impulsé par la demande grandissante des biens de consommation.

 

A cette heure, les économies africaines dépendent fortement du commerce des matières premières et l’importation des produits manufacturés, ce qui engendre les déficits constatés de leurs balances de paiement. En 2018 selon la BEAC, la balance de paiement de la zone CEMAC, aurait connu un déficit de plus de 2 000 Milliards de FCFA.

 

Parlant d’industrialisation, le PIB industriel demeure très faible dans toute l’Afrique. Malgré la relative faiblesse technologique du continent, le contexte tel que décrit demande que celui-ci s’industrialise.

L’industrialisation, moteur de développement pour l’Afrique

Le rôle de l’industrialisation est clairement entériné dans le plan d’action de l’union africaine pour le développement industriel accéléré de l’Afrique et la troisième décennie du développement industriel pour l’Afrique. L’agenda 2063, cadre stratégique de l’Union Africaine pour la transformation socio-économique, préconise le développement des chaînes de valeur régionales et de produits de base pour appuyer la mise en œuvre de politiques industrielles à tous les niveaux (BAD-2018).

 

La contribution du secteur manufacturier à la croissance du PIB Afrique passant de 12% en 1980 à 11% en 2013, stagne depuis, selon la commission économique pour l’Afrique (CEA)  des Nations Unies. La richesse obtenue pendant la hausse de prix des matières premières dans les années 90 n’a semble-t-il pas été investie intelligemment. La baisse des prix va ensuite causer la chute de la croissance sous les 4% en 2016  selon le FMI (CEA-Nations unies).

Les politiques : acteurs majeurs de l’industrialisation en Afrique

L’une des causes de la faible industrialisation de l’Afrique, résiderait dans l’incapacité des dirigeants à mettre en œuvre des politiques audacieuses. L’instabilité politique, le faible développement infrastructurel (Santé, Éducation, Route, Technologie, Télécommunication, Énergie…) sont en outre des raisons du ralentissement de l’industrialisation de l’Afrique. Le continent a besoin d’engagement politique et d’audace pour mettre en place les politiques adéquates malgré tous les défis auxquels il fait face.

 

L’Éthiopie, le Rwanda, et la Tanzanie ont cependant démontré leur faculté à se frayer un chemin vers l’industrialisation. Ils ont tous adopté des politiques industrielles qui favorisent leurs propres industries manufacturières. Ils ont mis en place ce que les experts appellent « le modèle d’états developpementiste » dans lequel le gouvernement contrôle, dirige et régule l’économie. Ces pays ont adopté des politiques favorables aux investisseurs, et les résultats suivent. Depuis 2006, le secteur manufacturier de l’Ethiopie a augmenté en moyenne de plus de 10% chaque année (Rapport CEA 2016-Nations Unies).

 

Pour que « la mayonnaise prenne » en Afrique, comme ça a été le cas en Chine et en Asie de l’Est, les décideurs publics doivent sortir des sentiers battus et cesser de se conformer à l’orthodoxie tirée de leurs puissances coloniales respectives.

 

Par ailleurs, pour gagner le pari de l’industrialisation de l’Afrique, la Banque Africaine de Développement œuvre à mobiliser des fonds, à réduire les risques liés aux investissements du secteur privé et attirer des capitaux.

 

Riche de son sous-sol et de son agriculture, l’Afrique doit diversifier les facteurs clés de son PIB essentiellement concentré sur l’agriculture et la production de matières premières; pour  créer une chaîne de valeurs sur laquelle pourrait reposer l’avenir de sa population sans cesse croissante, mieux maîtriser le marché, envisager la stabilité de son économie et favoriser son autonomie.

L’énergie : challenge important pour l’industrialisation africaine

Seulement, elle fait face à une pénurie énergétique. Il est de fait que l’énergie est un moteur essentiel du développement socio-économique et industriel du continent. La déficience énergétique est donc un facteur encombrant pour la réalisation et la maintenance des projets industriels. Il va sans dire qu’au delà d’importantes disparités régionales (entre pays, entre zones urbaines et rurales); 70% des habitants d’Afrique Subsaharienne sont privés d’accès à l’électricité et leur nombre ne cesse d’augmenter, puisque les efforts d’électrification continuent d’être en deçà, du rythme de croissance de la population (IEA, 2014).

 

Comparée à l’agriculture ou aux services, l’industrie manufacturière est relativement plus gourmande en énergie. L’industrialisation accroît la demande d’énergie et par conséquent nécessite des infrastructures adéquates.

 

En Afrique, Adenikinju (2005) a mis en évidence les défaillances observées dans l’offre d’électricité sur les activités des firmes nigérianes. Sur la base des données collectées auprès d’un échantillon de firmes africaines, Escribano et al. (2010) constatent que dans la moitié des pays de l’échantillon, la qualité de la fourniture d’électricité est un problème majeur pour plus de 50% des firmes. Au Burundi, au Cameroun, au Bénin, au Burkina Faso et au Cap vert notamment, le pourcentage des entreprises considérant l’électricité comme obstacle grave à leur activité dépasse 80%.

Article similaire : https://www.afrikatech.com/fr/divers/lindustrialisation-de-lafrique-est-capitale-selon-macky-sall/

Autre article : https://www.usinenouvelle.com/editorial/l-industrialisation-de-l-afrique-un-defi.N813695

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