Deuxième pays le plus peuplé d’Afrique et l’un des plus pauvres du monde, l’Ethiopie, 100 millions d’habitants,  compte 2 700 millionnaires. Des « affamés de croissance » qui ne veulent plus « mendier l’aide de l’Occident ».

Tadiwos Belete ne le fait pas exprès. Mais, souvent, il éconduit ceux qui souhaitent le rencontrer. « Sorry my dear », a-t-il plusieurs fois lâché au téléphone. Un jour, le richissime entrepreneur éthiopien devait partir à Dubaï, où il fait affaires. Une autre fois, il s’apprêtait à prendre un avion pour Djibouti, où il construit un gigantesque resort pour Africains aisés. « Je suis chanceux : je suis parti d’ici en tant que réfugié et je suis revenu dans la peau d’un investisseur », dit-il quand il reçoit enfin dans son bureau d’Addis-Abeba où trône un immense portrait de lui.

Son histoire est digne des meilleures success stories. A 16 ans, Tadiwos Belete était domestique au Soudan, où il s’était exilé pour fuir la dictature militaire du colonel éthiopien Mengistu Hailé Mariam. A 30 ans, il était aux petits soins pour les clients de son salon de coiffure de Boston. Aujourd’hui, il est l’un des hommes d’affaires les plus respectés du pays et donne le pouls de la nouvelle Ethiopie, un pays où il est désormais possible de faire fortune. D’après une étude du cabinet sud-africain New World Wealth, le pays compterait 2 700 millionnaires en dollars sur 100 millions d’habitants. Ce chiffre a plus que doublé entre 2007 et 2013.

Tadiwos Belete est désormais le propriétaire de luxueux complexes hôteliers, de restaurants et de Boston Spa, « l’un des plus grands spas d’Afrique », où plus d’une dizaine de milliers de clients se font coiffer, masser ou gommer le corps chaque mois.

Ce pays de la Corne de l’Afrique, deuxième puissance démographique du continent après le Nigeria, a entretenu une croissance robuste d’environ 10 % par an cette dernière décennie, selon les autorités. Malgré un ralentissement en 2016 du fait de la sécheresse et de l’instabilité politique, le gouvernement veut garder le cap. « Nous sommes affamés de croissance », résume Tadiwos Belete. Balayées, les images de pauvreté et de famine qui inondaient les écrans dans les années 1980 ? Pas vraiment. L’Ethiopie reste l’un des pays les plus pauvres au monde, où le salaire moyen n’atteint pas 50 euros par mois. Un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté. Mais ils sont aussi nombreux à tirer leur épingle du jeu.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/02/22/faire-fortune-en-ethiopie-mode-d-emploi_5083552_3212.html#KVeCIFF1i5cYtCGo.99

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