L’industrie hôtelière et touristique africaine a le vent en poupe. La montée en puissance de la classe moyenne sur le continent porte la dynamique que connaît le secteur. La nouvelle tendance, c’est l’apport significatif des voyageurs africains qui dépensent de plus en plus, soutenant ainsi la croissance du tourisme local et le développement des chaînes hôtelières.

Les dépenses des voyageurs africains devraient atteindre cette année quelques 73 milliards de dollars, soit une augmentation de 2,8 % par rapport à 2016. L’année dernière, ces dépenses ont contribué à hauteur de 63,7 % du PIB touristique du continent. Pour les dix prochaines années, la croissance annuelle attendue est de l’ordre de 3,6 %, ce qui hissera le montant des dépenses des voyageurs africains à 104 milliards de dollars. C’est l’un des aspects les plus intéressants qui ressortent du rapport que vient de publier la plate-forme de réservation en ligne Jumia Travel et la chaîne hôtelière Accor Hotels. Sous le titre, «Hospitality Report Africa 2017», le document a analysé les principales tendances de développement de l’industrie hôtelière en Afrique, ainsi que les perspectives du secteur qui fait également face à de nombreux défis.

Les Africains voyagent de plus en plus donc et le premier secteur à tirer profit de cette dynamique, c’est l’industrie hôtelière. En comparaison à cet apport des touristes locaux, les dépenses des visiteurs étrangers y ont contribué avec 36,3 % en 2016 (40,7 milliards de dollars) et devraient croître de 5,3 % en 2017, à 42,9 milliards de dollars, puis de 5,9 % par an pour atteindre 76 milliards de dollars en 2027.

A l’heure donc où la persistance de certains risques, notamment sécuritaires, médicaux ou même politiques s’accompagne assez souvent de baisses épisodiques de la fréquentation des touristes étrangers sur certaines destinations, la contribution des voyageurs africains permet à l’industrie de maintenir la dynamique enclenchée depuis quelques années. Plus que de servir de relais, les dépenses des touristes locaux représentent une importante part la croissance économique africaine. En 2016, la contribution de ce dernier au PIB global de l’Afrique a été de 7,8 %, soit 165,6 milliards en valeur et elle devrait connaître une relative hausse cette année pour s’apprécier à 7,9 %, soit 170,5 milliards de dollars. Selon les projections du rapport qui a été présenté mardi dernier à Abidjan, cette contribution devrait ensuite croître de 4,6 % par an pour atteindre 268,2 milliards de dollars d’ici 2027.

Dynamique soutenue

De manière générale, le rapport confirme les tendances déjà constatées par de précédentes études sur la dynamique assez soutenue ainsi que les perspectives reluisantes que connaît le secteur en Afrique. Toutefois, «Hospitality Report Africa 2017», apporte de nouveaux éclairages sur le comportement et les habitudes des «touristes africains». Ceux-ci dépensent certes de plus en plus, se greffent progressivement à l’utilisation des nouvelles technologies qui prend de l’ampleur dans le secteur et commencent à réserver ou payer en ligne, même si le cash est encore prédominant.

En 2027 par exemple, il est attendu que le nombre d’arrivée de touristes atteindra 110 millions, soit un peu moins que le double du taux enregistré en 2016 où il était de 58 millions.

Les principales sources des provenances internationales en 2016 sont sans surprise l’Europe, avec une part de 47,3 %, tandis que l’Asie-Pacifique est le marché avec la croissance la plus rapide avec une augmentation de +21,7 % avec une part importante de touristes chinois. Le rapport note aussi que la plupart des 10 premières destinations africaines ont enregistré des performances positives après la crise liée à l’épidémie d’Ebola, même si des pays comme le Nigeria et l’Éthiopie ont connu une baisse de leurs visiteurs étrangers de 4 % et 0,8 % respectivement. Autre constat que relève le rapport, les destinations qui ont enregistré la plus forte croissance en termes d’arrivées internationales sont le Zimbabwe, l’Ile Maurice, le Ghana, le Soudan et les Seychelles. Le Maroc (plus de 10 millions), l’Égypte (9,1 M), l’Afrique du Sud (8,9 M), la Tunisie (5,36 M) et le Zimbabwe (2,06 M) sont les principaux pays prisés par les touristes sur le continent. Dans les détails, les principales destinations, surtout pour ce qui est du tourisme d’affaires, sont Johannesburg, Lagos, Nairobi, Abidjan, Casablanca et Le Caire.

Investissements hôteliers en hausse

«L’industrie hôtelière et du voyage est un levier important du développement de l’économie en Afrique», résume le rapport. La montée en puissance d’une classe moyenne croissante, associée à un assouplissement des règles de transport intra-Afrique, sont les principaux moteurs du développement du tourisme local et continental, selon la même source, qui ajoute également qu’en plus de ces facteurs de croissance, viennent s’ajouter l’investissement massif des chaînes hôtelières vers les principales destinations d’affaires comme Lagos, Nairobi, Abidjan, Accra et Johannesburg, ainsi que l’augmentation du trafic aérien vers ces villes par les principales compagnies aériennes.

Selon le recensement établi par le rapport, c’est au total 365 projets de constructions d’hôtels de chaînes internationales qui ont été signalés en Afrique en 2016, représentant quelque 64 231 chambres et correspondant à une augmentation de 29 %, par rapport à 2015. «Le Nigeria et l’Angola ont le plus grand nombre de projets de constructions d’hôtels de chaînes internationales en 2016-2017, avec respectivement 61 et 56 hôtels, soit près de 30 % du total des projets à l’échelle du continent et 20 % de plus qu’en 2015», rapporte aussi le document. Enfin en termes de villes africaines, c’est Lagos qui prend la tête du nombre de chambres planifiées avec 4 000, tandis que Nairobi prend le 4e rang avec 2 666 chambres prévues.

A propos de l'auteur

CEO AfrikaTech

Comme beaucoup de personnes j’ai connu l’Afrique à travers des stéréotypes : l’Afrique est pauvre, il y a la guerre, famine… Je suis devenu entrepreneur pour briser ces clichés et participer à la construction du continent. J’ai lancé plusieurs entreprises dont Kareea (Formation et développement web), Tutorys (Plate-forme de e-learning), AfrikanFunding (Plate-forme de crowdfunding). Après un échec sur ma startup Tutorys, à cause d’une mauvaise exécution Business, un manque de réseau, pas de mentor, je suis parti 6 mois en immersion dans l’écosystème Tech au Sénégal. J’ai rencontré de nombreux entrepreneurs passionnés, talentueux et déterminés. A mon retour sur Paris je décide de raconter leur histoire en créant le média AfrikaTech. L'objectif est de soutenir les entrepreneurs qui se battent quotidiennement en Afrique en leur offrant la visibilité, les connaissances, le réseautage et les capitaux nécessaires pour réussir. L'Afrique de demain se construit aujourd'hui ensemble. Rejoignez-nous ! LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/boubacardiallo

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