Un homme ramassant du coton en Côte d’Ivoire. Naashon Zalk/Bloomberg via Getty Images

Le Salon de l’agriculture de Paris se poursuit jusqu’à dimanche dans la capitale française. Depuis plus de 20 ans, la Côte d’Ivoire est présente à ce grand rendez-vous international. Le secteur agricole est crucial à l’économie éburnéenne. Il représente 22% du produit intérieur brut, plus de la moitié des recettes d’exportation du pays et emploie les deux tiers de la population. Dans son Programme national d’investissement agricole, la Côte d’Ivoire a fixé comme priorité l’amélioration de la productivité et mise sur les technologies de l’information pour y arriver.

Adrienne N’Guessan est la présidente d’une coopérative agricole de la région de Daloa, au centre-ouest de la Côte d’Ivoire. Elle produit café, cacao, manioc, bananes ou encore attiéké. Comme les autres femmes, Adrienne travaille à la main, avec des techniques très rudimentaires. Pour améliorer sa productivité, sa coopérative est suivie par l’ANADER, l’Agence nationale d’appui au développement rural.

« Chaque fois que l’on nous prodigue des conseils, on les suit, reconnaît l’agricultrice. Mais il faudrait quand même qu’on ait plus de soutien pour mieux faire. Il nous faudrait des formations pour apprendre les bonnes pratiques. C’est ce que fait l’ANADER, mais les agents n’ont pas toujours le temps de s’occuper de tout le monde. Nous les producteurs, même au champ on a besoin d’informations. On en a toujours besoin. »

E-extension

Et c’est justement pour toucher le plus de producteurs possible, même dans les endroits les plus reculés que l’ANADER a mis en place l’année dernière le système E-extension. Il s’agit d’un centre d’appel, relié à un laboratoire, que peuvent joindre à tout moment les agriculteurs pour poser des questions techniques.

« Les opérateurs parlent 7 langues différentes, s’enthousiasme le Dr Sidiki Cissé, directeur général de l’ANADER. Les agriculteurs peuvent donc poser leurs questions dans leur dialecte. Ensuite, dans le centre d’appel, des techniciens peuvent leur donner une réponse immédiatement. Le centre dispose aussi d’une base de données avec des informations sur diverses problématiques, à laquelle peuvent se référer les opérateurs pour répondre au plus vite. »

Les questions qui préoccupent le plus les agriculteurs sont celles qui ont trait à la de productivité : « la terre, les semences, les intrants… poursuit le directeur général. Il y a les maladies aussi. Parfois ils ne connaissent pas un insecte, alors ils le prennent en photo et nous l’envoient. Certains déterrent les racines d’une plante pour nous en envoyer une photo aussi. Et quand le problème est plus complexe, on envoie un agent sur place pour se rendre compte de la situation. »

Un suivi durable

Un système apprécié des agriculteurs. Lydie Rachel Kambou est la présidente de la société des productrices de karité de Bounkani, au nord-est de la Côte d’Ivoire. Organisées en coopérative depuis 2015, grâce à l’ANADER, les 2 000 productrices ont encore besoin d’un suivi régulier.

« 99% des femmes dans le secteur du karité sont analphabètes donc nous avons besoin d’un renforcement de capacité avec entre autres l’alphabétisation. Nous sommes maintenant légalement constituées, mais nous n’avons pas encore tous les contours de l’organisation coopérative donc il faut nous donner la méthodologie, nous former pour que nous soyons aguerries sur le terrain, et puis nous aider en gestion financière. »

Chaque jour, le centre E-extension de l’ANADER reçoit plus de 200 appels d’agriculteurs de tout le pays.

A propos de l'auteur

CEO AfrikaTech

Comme beaucoup de personnes j’ai connu l’Afrique à travers des stéréotypes : l’Afrique est pauvre, il y a la guerre, famine… Je suis devenu entrepreneur pour briser ces clichés et participer à la construction du continent. J’ai lancé plusieurs entreprises dont Kareea (Formation et développement web), Tutorys (Plate-forme de e-learning), AfrikanFunding (Plate-forme de crowdfunding). Après un échec sur ma startup Tutorys, à cause d’une mauvaise exécution Business, un manque de réseau, pas de mentor, je suis parti 6 mois en immersion dans l’écosystème Tech au Sénégal. J’ai rencontré de nombreux entrepreneurs passionnés, talentueux et déterminés. A mon retour sur Paris je décide de raconter leur histoire en créant le média AfrikaTech. L'objectif est de soutenir les entrepreneurs qui se battent quotidiennement en Afrique en leur offrant la visibilité, les connaissances, le réseautage et les capitaux nécessaires pour réussir. L'Afrique de demain se construit aujourd'hui ensemble. Rejoignez-nous ! LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/boubacardiallo

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