Voici un état des lieux du secteur « Éducation » en Afrique en 2017. Malgré les progrès réalisés ces dernières années, l’Afrique subsaharienne présente toujours un retard important par rapport aux autres régions du monde. Les disparités persistantes centrées notamment sur la question du genre, le lieu de résidence, le handicap, les infrastructures obsolètes, etc. finissent par entraver les efforts initiés et destinés à permettre au continent africain d’atteindre un meilleur niveau d’éducation.

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La scolarisation en pré-primaire demeure toujours embryonnaire

La petite enfance constitue une étape essentielle pour poser les fondations de la réussite éducative future. Malgré tout, en Afrique subsaharienne, la plus grande majorité des enfants n’accèdent au système éducatif qu’à partir de l’école primaire.

Cette réalité s’explique par le nombre restreint d’établissements pré-primaires. De plus, ces derniers pour la plupart sont essentiellement privés et situés dans les grands centres urbains. Il s’agit d’un facteur en défaveur du développement du système éducatif pré-primaire. Pour les enfants issus de familles pauvres ou vivant dans des zones reculées, l’accès à une scolarité au pré-primaire représente un véritable luxe que peu d’individus peuvent s’offrir.

Enseignement primaire en Afrique subsaharienne : réduction de l’écart par rapport aux pays développés

Ces dernières années, la scolarisation au niveau de l’école primaire a enregistré des progrès très significatifs en Afrique subsaharienne. Le taux brut de scolarisation atteint les 100 % dans la majorité des pays d’Afrique subsaharienne.

La grande majorité des établissements d’enseignement primaire sont publics, néanmoins de plus en d’établissements privés sont créés. Leur développement s’explique par la faiblesse de l’enseignement public et tout particulièrement en Afrique de l’Ouest. Au primaire, le taux brut de scolarisation demeure élevé en apparence. En effet, ce taux prend également en compte le nombre important d’entrées tardives au primaire. En réalité, actuellement plus de 34 millions d’enfants âgés de 6 à 11 ans ne fréquentent pas l’école primaire.

L’impact de l’éducation primaire est relativement faible. En effet, le système se caractérise par son manque d’efficacité interne. Le taux d’abandons scolaires demeure toujours élevé, cela signifie donc que l’accompagnement jusqu’à la dernière année du cycle primaire révèle un manque de suivi de la part des enseignants. En 2016, plus de 6 millions d’enfants âgés de 6 à 11 ans ont abandonné l’école.

De plus, avec des classes comprenant une cinquantaine d’élèves, cela concerne plus d’un tiers des pays d’Afrique sub-saharienne, il s’avère complexe de dispenser des cours dans de telles conditions.

Développement de l’éducation informelle pour répondre aux faibles taux d’alphabétisation

Face à un taux d’alphabétisation relativement faible, plusieurs pays africains en développement ont mis en place des systèmes éducatifs et d’apprentissage informels en faveur des individus exclus du circuit classique.

De nombreuses expériences portant sur l’éducation de base, l’alphabétisation et la post-alphabétisation ont pu être réalisées. Il s’agit principalement d’initiatives locales décentralisées soutenues entre autres par des ONG.

Le TBS faible des établissements secondaires

À l’exception d’un nombre restreint de pays tels que l’Afrique du Sud, le Cap-Vert ou le Botswana dont le TBS (taux brut de scolarisation) pour le secondaire est supérieur à 80 %, dans des pays comme le Tchad, le Burkina Faso, le Niger ou le Burundi, environ un quart des enfants âgés de 15 à 18 ans sont inscrits dans un lycée.

En Afrique subsaharienne, la qualité de l’enseignement demeure faible. Le taux de redoublement s’élève à 16%. De plus, moins de 30% des élèves terminent le premier cycle du secondaire, et moins de 15% parviennent jusqu’à la fin du second cycle.

Ceux qui obtiennent un diplôme à l’issue du secondaire ne possèdent pas des compétences de base pour espérer s’insérer dans la vie active. Quant à l’enseignement technique et professionnel, il est quasi inexistant.

L’enseignement supérieur et la recherche : un secteur marginal

En comparaison avec les effectifs d’élèves qui entrent en primaire et en secondaire, le nombre d’étudiants en supérieur est insignifiant. Dans des pays tels que le Malawi, le TBS est à un niveau anecdotique (inférieur à 2 %).

À contrario, l’Afrique du Sud, le Ghana et le Bénin obtiennent un TBS de 10 %. L’enseignement supérieur présente une fréquence importante de redoublements, de réorientation ou d’abandons. Pour pallier aux insuffisances des établissements publics, de plus en plus d’établissements privés sont ouverts.

Le niveau d’enseignement en Afrique de l’Est anglophone est très largement supérieur à celui de l’Afrique francophone de l’Ouest.

La mobilité estudiantine s’explique par la faiblesse de l’enseignement supérieur. Malheureusement elle contribue à la fuite des cerveaux. L’Afrique du Sud, le Sénégal, le Ghana et l’Angola représentent les 4 premières destinations privilégiées du sous-continent en termes de mobilité estudiantine.

L’éducation doit faire face à plusieurs problématiques

Le système éducatif africain est confronté à différents problèmes à résoudre rapidement pour que ce secteur puisse se développer.

Insuffisance de financements

Le retard de développement du secteur de l’éducation s’explique par une allocation insuffisante des ressources financières. Cette insuffisance se traduit par : de faibles capacités d’accueil, un sous-équipement, des enseignants en sous effectifs, etc.

De plus, l’utilisation des ressources financières n’est pas optimale.

Infrastructures obsolètes

Les conditions d’enseignement sont globalement mauvaises à cause de la précarité des infrastructures et des équipements. Les établissements scolaires pâtissent d’une mauvaise gestion et d’un manque d’entretien régulier.

À cela, s’ajoute un problème de surpopulation des classes et tout spécialement en Centrafrique et au Tchad, pays dans lesquels les classes comprennent de plus de 70 élèves. Cette situation affecte énormément les acquis de l’apprentissage.

Dans les villages de certains pays, il est possible de remarquer l’apparition de classes multigrades et de salles de classe en plein air.

De plus, une majorité d’établissements d’enseignement primaire, et tout particulièrement dans les zones rurales, ne disposent pas d’un minimum d’installations connexes (eau potable, électricité, toilettes…). Ces mêmes établissements souffrent également d’un sous-équipement en matériel didactique. Les manuels scolaires sont insuffisants.

Dans le supérieur, les principales universités d’Afrique subsaharienne ont toutes dépassé le nombre d’étudiants qu’elles devaient accueillir au moment de leur construction. Les universités fonctionnent généralement avec des installations physiques surpeuplées d’étudiants et en état de délabrement. Les équipements et matériels didactiques sont également insuffisants.

Enseignants en sous effectifs

L’Afrique manque d’enseignants bien formés et en nombre suffisant à tous les niveaux du système éducatif. Cette pénurie d’enseignants est liée à l’augmentation régulière du nombre d’élèves et au départ de plus en plus nombreux des professeurs. De plus, les enseignants du secteur public préfèrent désormais se tourner vers les établissements dans lesquels les conditions de vie et salariales sont bien meilleures.

Quels sont les axes de développement à envisager ?

Mobiliser plus de financements

Les pays peuvent compter sur les revenus des ressources naturelles dont ils regorgent pour financer davantage l’éducation à l’image du Botswana. Il est également nécessaire que les universités notamment publiques diversifient leurs ressources financières notamment par l’accroissement de leurs ressources propres.

Généraliser l’usage des TIC dans l’enseignement pour l’ensemble du système éducatif

Les technologies de l’information et de la communication (TIC), dont Internet, bouleversent les habitudes des populations. Leur essor a permis une transformation radicale de l’éducation.

Le contexte africain est parfaitement adapté au développement du e-learning. Le Sénégal constitue l’un des pays qui connaît un taux de croissance le plus élevé en termes de e-learning, celui-ci avoisine les 30,4%. Ce pays est  suivi par la Zambie, le Zimbabwe et le Kenya.

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La croissance de ce secteur s’explique par le fait que l’offre et la demande en e-learning en Afrique évoluent si vite que l’environnement concurrentiel est quasi inexistant.

Néanmoins quelques problèmes structurels doivent être résolus : accès à une source d’énergie électrique fiable par exemple. Le secteur du e-learning en Afrique présente une bonne rentabilité financière.

Quelques instituts africains tels que l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2iE) au Burkina Faso et Unisa (University Of South Africa) ont intégré depuis quelques années le e-learning à leurs programmes.

Outre le fait d’être rentable, générateur de revenus et d’emplois, le secteur du e-learning est prometteur. Le continent africain connaît une demande d’apprentissage de langues en ligne (l’anglais et le français des affaires en l’occurrence) non satisfaite par les milieux académiques.

Les TIC présentent donc un potentiel pour promouvoir de nouvelles pédagogies et manières d’apprendre, encourager l’ouverture et l’innovation, diversifier l’offre et tout en améliorant sa qualité. L’institut CERCO au Bénin a déjà mis en place avec succès ce type d’initiative.

Le secteur de l’Éducation en Afrique accuse un retard important. Néanmoins, certains gouvernements prennent conscience de cette réalité et mettent en place des mesures pour améliorer la situation. Il peut s’agir par exemple de répliquer le modèle de Bridge International Academies dont l’objectif est d’offrir un système d’éducation standardisé et donc réplicable, offrant la même expérience et la même qualité de service à ses bénéficiaires, quel que soit l’endroit où ils se situent.


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A propos de l'auteur

CEO AfrikaTech

Comme beaucoup de personnes j’ai connu l’Afrique à travers des stéréotypes : l’Afrique est pauvre, il y a la guerre, famine… Je suis devenu entrepreneur pour briser ces clichés et participer à la construction du continent. J’ai lancé plusieurs entreprises dont Kareea (Formation et développement web), Tutorys (Plate-forme de e-learning), AfrikanFunding (Plate-forme de crowdfunding). Après un échec sur ma startup Tutorys, à cause d’une mauvaise exécution Business, un manque de réseau, pas de mentor, je suis parti 6 mois en immersion dans l’écosystème Tech au Sénégal. J’ai rencontré de nombreux entrepreneurs passionnés, talentueux et déterminés. A mon retour sur Paris je décide de raconter leur histoire en créant le média AfrikaTech. L'objectif est de soutenir les entrepreneurs qui se battent quotidiennement en Afrique en leur offrant la visibilité, les connaissances, le réseautage et les capitaux nécessaires pour réussir. L'Afrique de demain se construit aujourd'hui ensemble. Rejoignez-nous ! LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/boubacardiallo

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