Les innovations qui déferlent sur le continent africain, du M-Pesa, service de mobile banking inventé au Kenya au Square Kilometer Array, puissant radiotélescope présent en Afrique du Sud tendent à prouver qu’il est tout à fait possible d’industrialiser l’Afrique en innovant. S’appuyer ou reproduire le schéma appliqué par l’Asie ou les États-Unis lorsque ces pays ont entamé leur industrialisation semble être une mauvaise option. D’où l’importance de s’interroger sur comment innover en industrialisant l’Afrique.

Les STI au service de l’industrialisation africaine

Désormais, le continent africain se doit de réformer et de faire progresser le programme de l’Afrique destiné à la science, à la technologie et à l’innovation (STI). Ces trois domaines devant contribuer à la transformation industrielle du continent. Une enquête réalisée en  2012 par l’UA/NEPAD dans 19 pays africains souligne que seuls le Malawi, l’Ouganda et l’Afrique du Sud investissent plus de 1 % de leur PIB dans la R&D, contre de 0,2 % à 0,5 % pour les autres. L’investissement africain est 7 fois moins élevé que celui effectué par les pays industrialisés.

Si les innovations africaines se multiplient, leur valeur, leur qualité, leur pertinence ainsi que leur impact sont oubliés par manque d’investissements dans la production et la commercialisation du savoir.  Malgré ce retard en termes d’industrialisation sur le reste du monde, il est indéniable que l’adoption rapide des nouvelles technologies par la population africaine et la multiplication des pôles d’innovation jouent un rôle important dans la transition de l’Afrique vers l’industrialisation.

Des pays africains tels que le Kenya, le Rwanda, le Maroc, le Nigéria ou l’Afrique du Sud,  ont les moyens de s’industrialiser rapidement. Par exemple, la Chine, en l’espace de 30 ans, grâce aux réformes mises en place par Deng Xiaoping, est parvenue à rapidement industrialiser le pays. L’origine de ce succès ? L’apparition de nombreuses zones économiques spécifiques associées à des groupements industriels.

En moins de 15 ans, ces groupements sont parvenus à contribuer, à hauteur de 50 %, à la production industrielle brute de haute technologie.

Vers quel type d’innovation doit se tourner l’Afrique ?

Pour une industrialisation rapide, il est essentiel que le continent africain sorte du piège de s’orienter vers des secteurs dont les productions sont à faible valeur ajoutée. Certains pays investissent déjà dans les secteurs innovants des énergies renouvelables et propres. En s’appuyant sur ses ressources abondantes et inexploitées en énergies renouvelables, l’Afrique dispose des moyens nécessaires de  passer rapidement à un nouveau modèle d’industrialisation techno-économique propre.

La prise de conscience de plus en plus forte de l’impact de la dégradation environnementale et des changements climatiques a eu une influence positive sur les priorités vers lesquelles la R&D africaine doit se tourner. Il s’agit notamment des technologies d’énergie propre ou la bio-agriculture.

La jeunesse africaine, experte dans l’utilisation des technologies numériques, doit contribuer à accélérer l’industrialisation. Le secteur informel en Afrique, souvent décrié, constitue un des environnements les plus inventifs. Il s’agit d’un terrain fertile pour une innovation économique et pour des entrepreneurs aptes à transformer de la ferraille en trésor.

Les spécialistes de cette économie informelle constituent un important réservoir de talents locaux que l’Afrique doit associer à son processus d’industrialisation. Le secteur informel représente déjà une part très importante de l’économie. Après avoir été, pendant des décennies, associé à la pauvreté locale ainsi qu’à des conditions de travail éprouvantes, le secteur informel attire désormais de nombreux investisseurs.

La démocratisation des TIC offre au continent africain des opportunités de  sauter l’étape de l’industrialisation tout en comblant le fossé technologique. L’Afrique évite déjà les étapes traditionnelles grâce aux technologies sans fil, à la bande passante satellitaire et aux technologies mobiles peu coûteuses.

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