État des lieux du secteur « Santé » en Afrique en 2017

Boubacar Diallo

Les différents systèmes de santé mis en place en Afrique sub-saharienne illustrent parfaitement le contexte de sous-développement dans lequel cette partie du continent est plongée. Ce constat s’applique tant aux équipements qu’à la transmission des informations sanitaires. Pour améliorer l’efficience de ces systèmes sanitaires déficients, il devient urgent de réaliser une étude exhaustive pour définir les axes d’amélioration. Quelles sont donc les différentes perspectives à envisager ?

L’Afrique en proie aux maladies endémiques

Malgré une croissance très encourageante, le continent africain doit toujours faire face à la santé fragile de l’ensemble de la population. Pour pallier à l’insuffisance des systèmes sanitaires, de plus en plus d’initiatives numériques visant à lutter contre les infections récurrentes apparaissent peu à peu. L’e-santé permettra-t-il de faire évoluer positivement la situation actuelle ?

 

En effet, depuis des décennies, l’Afrique est confrontée à de nombreuses maladies endémiques : fièvre, jaune, paludisme, trypanosomiase. Celles-ci affectent considérablement et durablement la santé de plusieurs millions d’Africains. En moindre mesure, des pathologies telles que la lèpre, le choléra et la tuberculose sont toujours présentes en Afrique.

 

De nouveaux virus ont également fait leur apparition : Ebola et le Sida. Au début de l’année 2017, plus de 26 millions de personnes, dont 2,3 millions d’enfants, souffrent du VIH. L’Afrique subsaharienne constitue la zone la plus touchée par cette maladie. La fièvre Ebola, quant à elle, a récemment provoqué la mort de plus de 10 000 personnes en Afrique de l’Ouest.

 

Ces maladies endémiques sont d’autant plus mortelles qu’elles viennent s’additionner aux carences énergétiques et protéiques dont souffrent plusieurs millions d’Africains. Ces problématiques sanitaires fragilisent le continent.

Le secteur de la santé est-il considéré comme une priorité ?

Le secteur de la santé représente un enjeu stratégique pour le développement de l’Afrique. Malgré tout, les dépenses destinées à améliorer les systèmes sanitaires représentent, selon l’OMS, environ 4% du PIB (4,7% au Sénégal).

 

Malheureusement, la majeure partie de ces dépenses consacrées à la santé sont allouées à des prestataires privés. 60% du financement du secteur de la santé provient de donateurs privés (ONG, associations, entreprises, etc.).

 

L’investissement des pouvoirs publics s’avère être très faible. Ce constat semble alarmant face aux nombreux défis sanitaires que l’Afrique doit relever.

Quid des assurances maladie ?

Il y a encore quelques années de cela, 80% de la population en Afrique ne bénéficiait d’aucun régime de santé. Malgré la mise en place de la CMU (Couverture Maladie Universelle), des millions de personnes ne disposent d’aucune assurance.

 

Seules les populations les plus riches sont en mesure de s’offrir une assurance maladie auprès de prestataires privés. Les populations les plus pauvres et les plus vulnérables, dans l’incapacité de souscrire ce type d’assurance, se voient bien souvent refuser l’accès aux soins dans les établissements hospitaliers publics et privés.

 

Cette situation, en faveur d’un système élitiste et inégalitaire, entretient la spirale de la pauvreté et du non-accès aux soins à laquelle les personnes les plus pauvres sont confrontées.

Du personnel soignant en sous-effectifs

 

Pour mieux comprendre le déficit en termes de personnel médical disponible en Afrique, il est intéressant de comparer la situation africaine à celle de l’Europe. En Europe, il faut compter 32 médecins pour une population de 10 000 personnes. En Afrique, vous recensez deux médecins pour 10 000 personnes.

 

En termes d’infirmières et de sages-femmes, la différence entre l’Europe et l’Afrique est tout aussi impressionnante. En effet, pour l’Europe, il a environ 79 infirmières et sages-femmes pour 10 000 personnes alors qu’en Afrique, il n’y en a que 11.

 

Or la population africaine représente actuellement 1,2 milliards d’habitants. Ce chiffre doit doubler d’ici 2050. Ce boom démographique entraînera inévitablement un exode rural massif.

 

Selon l’OMS, le déficit en termes d’agents de la santé se comptera en 2030 à 6,1 millions de personnes. Cette pénurie de personnel soignant qualifié accentuera encore un peu plus le fossé entre les populations riches et celles pauvres.

Un déficit d’infrastructures et d’équipements

 

L’Afrique présente une faible densité d’établissements hospitaliers. De plus, dans certaines zones, l’accès aux hôpitaux peut constituer un véritable périple. La quasi existence de routes praticables ne favorisant pas l’accès aux établissements sanitaires.

 

De plus la vétusté des hôpitaux est une réalité. Les équipements lourds tels que les scanners, par exemple, ne sont pas disponibles dans l’ensemble des établissements hospitaliers. Nombre d’entre eux sont de simples dispensaires n’offrant aucune prise en charge sérieuse. Selon l’OMS, plus de 550 000 lits supplémentaires doivent être fournis aux établissements hospitaliers d’ici 2020 pour répondre aux besoins des populations.

 

Malheureusement, l’accès aux médicaments constitue une autre problématique à laquelle les populations africaines doivent faire face. L’approvisionnement dans les hôpitaux privés peut s’avérer être une démarche complexe à effectuer. Ce phénomène favorise le trafic illégal de faux médicaments. En Afrique, entre 30 et 70 % des médicaments disponibles sur le marché sont de faux médicaments.

Le digital comme solution alternative ?

De nombreux systèmes sanitaires africains présentent des manques et des dysfonctionnements. Pour pallier à cette problématique, des nouvelles initiatives fleurissent en termes de santé. Des projets numériques donc l’optique est de permettre à chacun de profiter de la télémédecine sont déployés. Les téléphones mobiles sont au cœur même de ce nouveau type d’innovations.

 

L’application GiftedMom créée par un médecin camerounais permet d’assurer une prise en charge et un suivi des femmes enceintes et des jeunes mères. Cette solution fonctionne à l’aide d’un téléphone mobile. L’initiative Mos@n, au Burkina Faso, vise à améliorer la couverture des soins maternels, infantiles et des personnes souffrant du VIH.

 

La société Himore Medical a lancé le Cardio Pad. Cet instrument, sous forme de tablette, permet de réaliser des électrocardiogrammes complets sur les patients. L’objectif du Cardio Pad est à limiter le taux de mortalité dû à des défaillances cardio-vasculaires.

 

Le projet Faso Soap est à l’origine de la création d’un savon permet de maintenir les moustiques éloignés pendant plus de 6 heures après application.

 

L’e-santé, malheureusement, ne parviendra pas à résoudre et à combler l’ensemble des défaillances présentées par les systèmes sanitaires africains. Néanmoins, cette solution permet de cibler et d’apporter un soutien aux populations rurales et plus enclines à souffrir à souffrir d’une maladie. Les gouvernements africains se doivent donc de réformer rapidement le secteur de la santé.

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