Il n’est point à douter que la crise COVID-19 n’est pas encore stoppée au Cameroun. Avec un peu plus de 12 000 contaminations et un peu plus de 300 décès à date le gouvernement camerounais semble cependant réussir à la contenir, avec un taux de guérison évalué à 80% (plus de 10 000 guérisons à date).

La pandémie a globalement ralenti l’ensemble des activités sur le continent, et le Cameroun n’est bien évidemment pas épargné. Si les activités liées au numérique ont tout de même le vent en poupe cependant, d’autres activités commerciales à l’instar des vols ont subi de plein fouet l’arrivée de cette crise, avec la fermeture des frontières et la suspension des vols commerciaux.

Cependant, une annonce faite le 21 Mai dernier par les autorités locales n’est pas loin de défrayer la chronique. Il s’agit de la reprise de vols commerciaux Paris-Yaoundé.

Ouverture des frontières à Air France avec mesures restrictives

Le communiqué a été signé par Antoine Ahmadou, le chargé d’affaires par intérim. En effet, l’annonce vient premièrement de l’ambassade du Cameroun en France, et l’objectif premier est de mettre fin à l’attente des citoyens camerounais bloqués en France pour raisons de COVID, et vice-versa. Par ricochet, les personnes employées en France et bloquées au Cameroun pour raison de COVID, tout comme les personnes employées au Cameroun et bloquées pour raison de COVID ont été libérées de leur attente.

Il faut cependant savoir que la chose ne s’est pas faite de la manière habituelle concernant ces vols. Une documentation précise était attendue de la part des requérants, et ils devaient se soumettre à des conditions d’accès particulièrement suivies. Outre le port obligatoire du masque de l’entrée de l’une des aérogares à la sortie de l’autre, l’accès à ces dernières était tout bonnement interdite aux accompagnateurs. Si les personnes venant de France devaient s’engager à s’auto-confiner à leurs propres frais (en signant notamment un engagement formel), les tests de dépistage négatif à la maladie (test datant de moins de 7 jours) étaient également exigés à l’embarquement, et les billets ne s’achetaient qu’en ligne, la vente étant fermée dans les aérogares.

Un système de rotation pour un meilleur contrôle du retour des passagers, mais qui pose problème à ces derniers

L’effectivité de la mesure date du 25 mai, et la collaboration des deux gouvernements se posait dans une optique de retours contrôlés de passagers en attente depuis 3 mois. Dans la pratique, l’application s’est avérée relativement complexe. En effet, un nombre important de clients candidats au voyage et en attente depuis le début de la crise ont pris d’assaut le siège de la compagnie Air France et la gestion de ces derniers concomitamment à celle des autres a fait couler de l’encre. La définition de passagers “prioritaires” (personnes mariées en France et personnel soignant notamment) était au coeur des discussions, tant des passagers se sentaient lésés au profit d’autres.

Pour un apaisement des tensions

Tout de même, la réouverture même partielle des frontières aériennes est venue apaiser des tensions grandissantes au sein de la communauté camerounaise notamment, car le retour “à la normale” permet à ceux qui devaient retrouver leurs territoires d’expression de “remettre” leurs vies dans des perspectives d’évolution positive, chose difficilement réalisable alors qu’ils étaient en arrêt quasi total pendant 3 mois. Il faut relever que le premier vol arrivant de France n’a enregistré aucun cas suspect ou confirmé et nécessitant une prise en charge. Ceci laisse croire que la mesure prise (de manière exceptionnelle, car à date, les frontières sont toujours fermées) était de bon aloi. Il ne nous reste plus qu’à observer l’évolution des choses.

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