Suite à l’adoption de l’Open Sky (accord de libéralisation signé avec l’Union Européenne) par le Maroc il y a de cela une dizaine d’années, la Royal Air Maroc (RAM) se trouve “oppressée” de tous les côtés par les compagnies low-cost telles que : Transavia, EasyJet ou encore Ryanair. Certes bien loin de son état critique de 2011, ses résultats financiers ne sont pas aussi reluisants qu’il y paraît. Certains pensent que l’argent injecté pour son redressement en 2011 aurait été plus utile pour son développement (acquisition d’une nouvelle flotte par exemple).

La RAM face au reste du monde…

Si elle souhaite continuer d’occuper le ciel, la RAM doit obtenir à l’instar des compagnies concurrentes et souveraines un soutien inconditionnel de l’Etat marocain. De même qu’une maîtrise de ses propres hubs ; on peut citer entre autre Turkish Airline (Istanbul), Singapore Airlines, Ethiopian Airlines (Addis-Abeba), Emirates, Etihad…. Hormis la bataille acharnée avec les compagnies low-cost, (dont elle se déjoue en se contentant de niches de marché), la RAM subit de mauvais horaires dans ses propres aéroports… Par ailleurs, l’on peut reprocher à la RAM son retrait volontaire d’alliances. Alliances qui sont monnaie courante entre les géants de l’aéronautique, leur permettant ainsi des économies d’échelles assez importantes pour ne citer que cela. Swissair ou Alitalia pourraient pourtant lui servir d’exemples concrets.

2020 ou l’année du renouveau pour la RAM…

Suite aux exigences des opérateurs économiques marocains et chinois, Royal Air Maroc ouvre à partir de janvier 2020 une ligne directe reliant Casablanca et Pékin. Cette action n’est qu’une suite logique de la suppression de visa pour tout ressortissant chinois souhaitant rejoindre le Maroc, suppression mise en application en 2016 par le roi Mohammed VI. Ceci est sans oublier la volonté de l’Office National Marocain du Tourisme (ONMT) de promouvoir la destination Maroc auprès du plus grand marché de touristes mondial : les chinois. Rappelons que la Chine regorge de vacanciers, estimés à 150 millions par an. Le partenariat de trois ans entre l’ONMT et le Ctrip (la plus grande agence de voyage en ligne chinoise) permettra ainsi au Maroc d’accueillir de façon annuelle 500 000 touristes chinois.

Premier pays africain à appartenir à Oneworld

Le 1er avril 2020 marque l’entrée de la  Royal Air Maroc dans l’alliance Oneworld. La Royal Air Maroc devient ainsi le 13ème membre (avec la sortie de LATAM Airlines en mai 2020) de l’alliance mais aussi le 1er pays africain à la rejoindre. Créée le 1er février 1999, Oneworld est la 3ème plus grande alliance de compagnies aériennes derrière Star Alliance et SkyTeam. Contrairement à la moyenne (18 à 20 mois), le processus d’intégration de la Royal Air Maroc a juste fait 15 mois. Selon le PDG de la Royal Air Maroc (Abdelhamid Addou), ceci résulte du fait que la supériorité des systèmes de la compagnie aérienne ait rendu facile la cohérence avec ceux de l’alliance Oneworld. La Royal Air Maroc ajoute ainsi une trentaine de nouvelles destinations à l’alliance dans une vingtaine de pays.

Covid 19 : la Royal Air Maroc doit revoir ses plans…

Suite à son année 2019 assez compliquée, la Royal Air Maroc comptait se relever en 2020 à travers une pléthore de projets de développement. Du fait de la crise sanitaire, Royal Air Maroc a dû immobiliser une bonne partie de sa flotte (tout comme bon nombre de compagnies aériennes). De ce fait, le PDG de la compagnie a annoncé un plan d’austérité depuis le 11 mars 2020. Entre l’interruption de la ligne Casablanca – Pékin (deux semaines après le lancement en janvier 2020) et celle de ses cinq liaisons vers l’Italie, la Royal Air Maroc voit rouge : baisse drastique de la demande (30% enregistrée en moins de trois mois, de mars à mai). Son salut réside désormais en un plan d’aide de l’Etat marocain. Plan d’aide qui soit dit en passant sera conditionné : réduction de dépenses, suppression de plusieurs lignes, réduction de sa flotte, de son personnel…

L’année 2020 qui était pourtant considérée comme l’année de la renaissance pour la Royal Air Maroc se transforme en à peine un mois en cauchemar. Du fait de la crise sanitaire liée au Covid 19, tous les projets liés à la Chine sont suspendus, de la ligne Casablanca – Pékin au partenariat avec le voyagiste chinois Ctrip. Jusqu’à présent la Royal Air Maroc a su sortir de la tête de l’eau malgré les difficultés rencontrées. Son entrée dans l’alliance Oneworld était la cerise sur le gâteau. Face à cet acharnement du sort sur la compagnie, la Royal Air Maroc n’a pour seul recours qu’une aide de l’Etat marocain, aide dont les conditions impliquent ainsi bon nombre de changements.

Le potentiel de Royal Air Maroc est évident : il y a “un gros coup à jouer”. Cependant, les circonstances externes semblent continuellement tirer la compagnie vers le bas. On peut en effet dire, sans mauvais jeu de mots, que la RAM rame. Pensez-vous qu’en dépit de tout, cette compagnie aérienne africaine réussira à s’en sortir ?

 

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