Avec sa solution de paiement mobile WeCashUp, la start-up Infinity Space dirigée par le Camerounais Cédric Atangana ambitionne de devenir un point d’entrée unique sur le continent, entre les porte-monnaie mobiles des opérateurs de téléphonie et les e-commerçants. Le lancement dans 35 pays africains est prévu en septembre 2016.

Cédric Atangana a calé cette fois. Candidat à la onzième saison de BFM Académie, le concours des créateurs d’entreprises sur la chaîne française BFM Business, le jeune patron a été éliminé le lundi 9 mai pour une seule raison : WeCashUp, la plate-forme de paiement mobile universelle que son équipe et lui développent depuis trois ans, n’est pas encore lancée.

Une concurrence importante

Mais le jury s’est pourtant enthousiasmé pour le talent de l’ingénieur en génie industriel et informatique de 24 ans, diplômé de Polytech Marseille, à vendre son bébé qui sera lancé en septembre dans 35 pays africains. N’a-t-il pas empoché un pack d’une valeur de 20 000 dollars en 2014, dans la Silicon Valley, en présentant sa solution en une minute lors du Google I/O Pitch Night — une conférence annuelle du moteur de recherche américain dédiée aux nouvelles générations d’entreprises ?

Les chiffres sont connus et le potentiel énorme : un milliard d’usagers de téléphones mobiles en Afrique, très majoritairement dépourvus de comptes bancaires, et autant de clients de l’une ou l’autre des solutions de paiement mobile offertes par les opérateurs de téléphonie mobile, à l’instar d’Orange Money, Mobile Money de MTN, Tigo Cash, Airtel Money ou M-Pesa Vodacom, pour ne citer que ceux-là. Sans parler des services analogues qui sont offerts par les banques elles-mêmes.

Peu importe la concurrence, WeCashUp aborde son segment de marché avec des ambitions importantes puisqu’il veut devenir le « PayPal africain », du nom du service de paiement en ligne aux 184 millions de comptes au premier trimestre 2016. Irréaliste ?

Une équipe de 20 personnes qui joue à fond la carte africaine

Avant son lancement, l’équipe de 20 personnes derrière Infinity Space joue fond à la carte africaine — sur la page internet de l’équipe les origines de chacun sont mises en avant (Cameroun, Kenya, Congo Brazzaville) — et peut compter sur un encadrement un peu plus senior.

Ainsi de Marc Legoc, professeur d’intelligence artificielle et d’informatique appliquée à la recherche à Polytech Marseille, aux côtés de plusieurs parrains et marraines en stratégie, communication ou développement commercial. Tous chaperonnent Infinity Space pour que WeCashUp se lance dans les meilleures conditions.

La technologie de la solution de paiement — qui prendra la forme d’une application dont peu de détails filtrent jusqu’à présent — est en cours de brevetage en France. Elle entend interconnecter les systèmes de paiement par mobile des différents opérateurs de télécoms du continent.

Les promoteurs du projet mènent une campagne marketing dans le but de séduire de gros e-commerçants comme l’américain Uber, les français Cdiscount et Afrimarket, ainsi que de nombreuses entreprises nigérianes, marocaines, kényanes et sud-africaines.

Le modèle économique de WeCashUp repose assez classiquement sur le prélèvement d’une commission pour chaque transaction. « Les négociations sont en cours avec les opérateurs de télécoms pour arriver à un tarif unique », note Cédric Atangana. D’après les chiffres communiqués par le jeune dirigeant, sa société vise un chiffre d’affaires de 600 000 euros fin 2016.

Un résultat qu’il voit exploser après le lancement de l’application, à 12 millions d’euros à la fin 2017. Le défi le plus pressant est de boucler une levée de fonds 300 000 euros avant la fin du mois de juin pour achever les tests.

Jeune Afrique

A propos de l'auteur

CEO AfrikaTech

Comme beaucoup de personnes j’ai connu l’Afrique à travers des stéréotypes : l’Afrique est pauvre, il y a la guerre, famine… Je suis devenu entrepreneur pour briser ces clichés et participer à la construction du continent. J’ai lancé plusieurs entreprises dont Kareea (Formation et développement web), Tutorys (Plate-forme de e-learning), AfrikanFunding (Plate-forme de crowdfunding). Après un échec sur ma startup Tutorys, à cause d’une mauvaise exécution Business, un manque de réseau, pas de mentor, je suis parti 6 mois en immersion dans l’écosystème Tech au Sénégal. J’ai rencontré de nombreux entrepreneurs passionnés, talentueux et déterminés. A mon retour sur Paris je décide de raconter leur histoire en créant le média AfrikaTech. L'objectif est de soutenir les entrepreneurs qui se battent quotidiennement en Afrique en leur offrant la visibilité, les connaissances, le réseautage et les capitaux nécessaires pour réussir. L'Afrique de demain se construit aujourd'hui ensemble. Rejoignez-nous ! LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/boubacardiallo

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